Législatives: Les enjeux du premier tour

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Publié le 8 juin 2012.

POLITIQUE - Le premier tour a lieu dimanche 10 juin...

Présidentielle, round 2. Quatre semaines après le second tour de la présidentielle, les Français vont choisir les 10 et 17 juin les couleurs de leur Assemblée nationale parmi les 6.611 candidats des 577 circonscriptions. Les enjeux de ce premier tour, dimanche, sont nombreux.

1 – Quelle abstention?

Après des mois de campagne présidentielle, l’électorat semble démobilisé. 43% des Français interrogés par CSA pour 20 Minutes se disent «pas intéressés» par ces législatives. Ce qui fait craindre une faible participation. Alors que l’abstention n’avait été que de 19,7% au premier tour de la présidentielle, les différents instituts estiment qu’entre 30 et 40% des électeurs ne se déplaceront pas dimanche. Or, la participation est un élément fondamental des résultats de ce scrutin puisque seuls les candidats ayant obtenu un score supérieur à 12,5% des inscrits (et non des votants) peuvent se maintenir. Moins il y aura de personnes à se déplacer, plus il sera difficile d’accéder au second tour.
 
2 – Qui créera une dynamique avant le second tour?

Une chambre toute rose, teintée de vert et de rouge ou un rebond surprise de l’UMP? Depuis que François Hollande a conquis l’Elysée, le PS rêve de remporter 289 sièges à l’Assemblée, ce qui assurait au parti du président de la République la majorité absolue et laisserait les mains libres au gouvernement. C’est tout l’axe de la campagne des ténors socialistes, qui ont répété en boucle vouloir «apporter une majorité au changement».  Au vu des derniers sondages, ce scénario est envisageable puisque l’UMP et le PS sont attendus à 32,5% tous les deux dans notre dernière vague CSA pour 20 Minutes (voir page…). Envisageable mais peu probable, notamment à cause de l’accord du PS avec les Verts, qui se présentent seuls dans 63 circonscriptions (entre 20 et 30 gagnables), ce qui diminuera en conséquence le total PS. Le Front de gauche pourrait également venir colorer ce rose d’un peu de rouge et mettre dans les pattes du gouvernement des alliés moins dociles que les Verts en cas de majorité plurielle. Avec un total de 45,5% pour ces trois partis, contre 33% pour l’UMP, selon CSA, l’hypothèse d’une cohabitation semble exclue, sauf si l’UMP crée la surprise au premier tour et enclenche une dynamique fatale à la gauche. 

3 – Le FN, épouvantail de l’élection?

Troisième force politique de la présidentielle, le FN rêve de faire élire des députés au soir du 17 juin. Sauf qu’avant cela, il faudra maintenir le maximum de candidats au second tour dans une élection qui réussit traditionnellement moins bien au FN que la présidentielle. Dans le dernier sondage CSA pour 20 Minutes, le FN était ainsi mesuré à 14%. En partant de cette hypothèse et avec une abstention de 40%, le parti des Le Pen arriverait à se maintenir au second tour dans 40 à 80 circonscriptions. Les autres partis, notamment le PS et l’UMP, devront alors se poser la question de leur attitude en cas de triangulaires ou de duels. Se maintenir ou se désister? Appeler à voter pour l’autre grand parti républicain? Martine Aubry et Jean-François Copé devraient analyser les situations circonscription par circonscription dimanche soir. Mais leurs consignes se heurteront peut-être aux enjeux locaux. «Un Front républicain avec la droite populaire, vous rigolez?» a ainsi lancé à 20 Minutes une candidate PS du Vaucluse interrogée sur son attitude en cas de duel UMP-PS. Idem du côté de l’UMP, où les déclarations de Roland Chassain, candidat des Bouches-du-Rhône se disant «plus proche de Marine Le Pen que du PS», ont semé le trouble cette semaine.

Matthieu Goar
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