Financement politique: Les législatives, des élections qui rapportent énormément

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Publié le 7 juin 2012.

POLITIQUE - Cette élection, qui détermine une partie de l'aide publique, aiguise les appétits des partis, notamment des plus petits...

Ennuyeuse cette campagne législative où l’abstention s’annonce élevée? Pas pour les partis politiques, qui multiplient les candidatures: pas moins de 6.611 candidats pour 557 circonscriptions. Soit une moyenne de onze candidats par circonscription. Tout sauf un hasard puisque pour les mouvements politiques, notamment les plus petits, les législatives rapportent de l’argent. Si un parti recueille au moins 1% des voix dans 50 circonscriptions de métropole au minimum, il recevra l’équivalent d’1,68 euros par voix, par an et pendant cinq ans… L’autre fraction de l’aide publique, réservée aux partis plus installés, est calculée selon le nombre de parlementaires rattachés au mouvement: 42.228 euros par an et par élu.

Alors, à l’orée de l’élection, un certain nombre de partis dont on n’entend peu, voire pas du tout parler, font fleurir leurs candidatures. Au total, une quarantaine de partis peuvent prétendre à cette première fraction de l’aide publique alors que seuls quatorze en ont bénéficié depuis 2007. Il y a l’Alliance royale, le Parti ouvrier indépendant, le Mouvement écologiste indépendant, et même le Trèfle, «les nouveaux écologistes du rassemblement homme nature et animaux». Un parti inconnu au bataillon, qui n’a pas d’élus, pas d’adhérents, mais qui reçoit chaque année de l’Etat une dotation de 163.339 euros sans avoir une seule cotisation, selon la Commission nationale des comptes de campagne et de financement politique.Une dotation reversée en grande partie au Parti radical

Prendre son indépendance financière

La semaine dernière, François Bayrou taclait cette «loi mystérieuse» qui amène à des «situations aberrantes», avec «11, 12, 14, 15, 16 candidats» dans les circonscriptions. «Il faut que les Français sachent que ce n'est pas du tout pour des raisons politiques. Ce n'est pas du tout pour défendre des idées», a-t-il critiqué. «Il faut changer les règles de financement de la vie politique pour qu'on arrête les trucages de ces multiplications de micro-partis absolument opaques... qui font que la vie politique est complètement déboussolée», a encore pointé François Bayrou.

Pour certains, recevoir une aide politique semblerait cohérent au vu de leur influence dans le débat. Debout la République, le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan, ne reçoit pas de dotation publique via cette «fraction» d’aide publique, mais entend changer la donne en 2012. Quelque 300 candidats ont été investis dans les circonscriptions où il a obtenu ses meilleurs scores à la présidentielle. Pour d’autres, il s’agit d’une question d’indépendance politique. Christine Boutin, présidente du Parti chrétien démocrate, présente en effet une centaine de candidats dans toute la France et en métropole avec la volonté d’être financièrement indépendante de l’UMP, contrairement à la précédente législature.

Même calcul pour le Parti radical de Jean-Louis Borloo, qui a présenté 90 députés et espère donc dépasser les 1% dans au moins 50 circonscriptions pour ne dépendre des subsides de l'UMP. Essentiel, alors que le parti majoritaire a coupé les vivres à son allié radical. Le parti de Borloo a donc trouvé un arrangement avec... le Trèfle. Si ce mouvement n'a droit qu'à la première part de la dotation publique, il n'a aucun élu et ne touche donc pas l'argent de la seconde part de la dotation publique, de 42.228 euros par élu. Chaque élu du PR a adhéré au Trèfle, ce qui a permis de débloquer cette seconde fraction de la dotation pubique, soit une manne de 798.000 euros pare an!

Montages douteux

Un montage douteux mais légal. Et qui ne correspond pas à l'esprit des textes de 1988 et 2003. Similaire, d'ailleurs à celui du Nouveau Centre qui, ne remplissant pas les conditions pour obtenir la première fraction de l'aide publique, a trouvé un accord avec un parti tahitien, Fetia Api, pour recevoir une part plus importante de la dotation publique.

Pour d'autres partis, exsangues financièrement en raison de leurs mauvais résultats en 2007, ces legislatives seront un moyen d'équilibrer leurs comptes. On pense notamment au FN et à EELV qui on frôlé la banqueroute lors de la dernière législature.

Maud Pierron
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