Législatives: Une si vieille Assemblée

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Publié le 6 juin 2012.

POLITIQUE - Le renouvellement des générations n'est pas pour 2012...

«Difficile de ne pas remarquer qu’on est entouré d’hommes aux cheveux blancs. » La remarque vient d’une exception: le socialiste Olivier Dussopt a 33 ans et pourtant il est député. Elu à 28 ans, il est le plus jeune élu de l’Assemblée, dont la moyenne d’âge était en juin 2007 de 55 ans (près de 60 ans aujourd’hui). L’Assemblée est à la fois beaucoup plus vieille que les Français (40,4 ans de moyenne d’âge, selon l’Insee) et bien plus âgée que celles d’autres pays européens. En France, pour un député de moins de 40 ans en 2007, neuf avaient plus de 60 ans. Ce rapport est ramené de un à trois au Royaume-Uni. En Allemagne, il y a plus de députés de moins de 40 ans que de sexagénaires, selon une étude de Louis Chauvel, sociologue. Alors que pour la première fois, les 18-23 ans peuvent se présenter, 2012 ne changera pas la donne. Selon l’Ifop, la moyenne d’âge des candidats est de 50 ans cette année alors qu’elle n’était «que» de 48 ans en 2002.

La faute aux partis ?

Difficile de faire de la place aux jeunes. La faute aux commissions d’investiture des partis qui doivent ménager leurs sortants. «Nous avons 315 députés sortants UMP, il est normal qu’ils se représentent», explique Alain Marleix, de la commission de l’UMP. Car les deux grands partis rejettent en bloc l’idée de limiter le nombre de mandats. « Les électeurs doivent avoir la liberté de voter autant de fois qu’ils le veulent pour un député qu’ils apprécient. Et puis, on ne va pas éliminer un député parce qu’il a plus de 50 ans», plaide Marleix.

Du coup, les jeunes doivent jouer des coudes, aller à la conquête de territoires difficiles, notamment à la faveur d’alternance politiques comme en 1981 où une centaine de députés de moins de 40 ans avaient fait leur entrée au Palais Bourbon. «En 2007, j’ai eu ma chance parce que les militants m’ont fait confiance mais aussi parce que la circonscription était réputée impossible », se souvient Dussopt. Faudra-t-il alors obliger les partis à rajeunir leurs candidats, comme avec la loi sur la parité? «Par rapport à la féminisation et à la diversité, deux questions également très importantes, c’est vrai que la question du renouvellement des générations a été quelque peu sacrifiée ces dernières années…», souffle un jeune membre du PS.

Matthieu Goar
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