Législatives: Claude Guéant se mue en candidat

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Publié le 6 juin 2012.

REPORTAGE - Sur le marché de Boulogne, il entend faire tomber définitivement le costume de ministre de l'Intérieur...

Voiture de fonction, garde du corps: quand Claude Guéant arrive mercredi sur le marché de Billancourt, au cœur de la 9e circonscription des Hauts-de-Seine où il se présente aux législatives, il semble encore avoir tout l’apparat d’un ministre. Mais entre les allées de brocolis et de courgettes, l’ancien commis de l’Etat laisse apparaître un nouveau visage, inédit: celui du candidat en campagne. Tout sourire, il aborde badauds et commerçants de ce marché populaire et échange, un peu coincé, des banalités. «Vous profitez d’un jour creux pour faire le marché? Le samedi, il y a foule», dit-il à une vieille dame avant de promettre à une autre Boulonnaise de «parler» au maire Pierre-Christophe Baguet – un proche - du cas de sa fille qui travaille à la mairie mais attend toujours un logement social.

«J’aime bien la gaieté, les sourires»

«Quand on est ministre de l’Intérieur, on porte un costume qui rigidifie un peu, confie Claude Guéant. Les gens me voient comme très sévère mais j’aime bien la gaieté, les sourires.» Faire campagne lui permet d’être «plus libre» assure-t-il. «J’aurais bien continué à être ministre, reconnaît-il. En matière de sécurité et d’intégration, j’avais encore plein d’idées à mettre en œuvre!» Ici, sur un marché très métissé, il concède que les «questions d’immigration sont peu évoquées». Mais Claude Guéant assure préférer l’ambiance populaire de Billancourt à celle, plus guindée, du marché Escudier dans les quartiers Nord et chics de Boulogne. «Les gens là-bas sont plus réservés. Ici, ils sont chaleureux, me tutoient, m’appellent par mon prénom. Ca me change des comportements compassés qui règnent dans les palais de la République!»

«Une droite qui fait des clins d’œil au FN»

Dans les allées du marché, peu de tutoiements pourtant mais plutôt des échanges courts et polis. Aucune allusion non plus aux propos musclés de l’ancien ministre de l’Intérieur sur l’islam ou l’immigration. C’est Thierry Solère, le conseiller général UMP bien implanté et candidat dissident, qui se charge de les rappeler. «Les habitants de Boulogne attendent qu’on leur parle d’emploi et de formation. Ils n’attendent pas qu’on fasse des hiérarchies entre les civilisations ou qu’on s’oppose avec ceux qui mangent hallal ou casher!» Et de décrire son rival comme l’ «incarnation d’une droite qui fait des clins d’œil au FN».

«Je lui laisse ses appréciations, réagit Claude Guéant. Il ferait mieux de citer les propos exacts qu’il me reproche et qu’il élargisse son horizon à la France!» Homme d’Etat d’expérience contre modeste politicien local: c’est l’affiche du match que l’ancien secrétaire général de l’Elysée veut mettre en avant. «La question est de savoir qui est le plus apte à représenter les Boulonnais dans le débat national», se vante-t-il. Grâce à son réseau au niveau étatique, Claude Guéant s’attribue déjà le financement de la première maison d’accueil pour les malades atteints du «locked-in syndrome». Et de promettre une maternité, plus de crèches… Pourrait-il se désister en faveur de Thierry Solère si celui-ci le devance au premier tour? «C’est une hypothèse absurde, je l’exclus.» Claude Guéant, qui se voit déjà à la commission des Lois ou des Finances de l’Assemblée nationale, n’a rien perdu de son tranchant.

Alexandre Sulzer
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