Lancar: Benjamin mais pas novice

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Publié le 4 juin 2012.

LEGISLATIVES - Portrait de Benjamin Lancar, candidat UMP dans la 5e circonscription de Paris...

Dans la 5e circonscription de Paris, qui rassemble les 3e et 10e arrondissements de la capitale, un jeune homme bat le pavé. Veste, chemise, sourire immanquablement accroché à la mâchoire, Benjamin Lancar est en campagne pour les élections législatives sous les couleurs de l’UMP. Le président des Jeunes Populaires, le mouvement des jeunes de l’UMP, est «engagé à fond, passionné, menant campagne de 8 heures à 23 heures tous les jours», détaille-t-il.

A 26 ans, le benjamin des candidats UMP parisiens n’a rien d’un novice. Encarté depuis dix ans à l’UMP, Benjamin Lancar devient responsable UMP-Grandes écoles en 2006, président des Jeunes Pops en 2008, avant d’être réélu en 2010. «C’est un garçon très motivé, plus que la moyenne, sa fraîcheur est un point positif dans les moments difficiles» dit de lui Fabien de Sans Nicolas, son prédécesseur aux Jeunes Pops. «Sarkoboy», cette étoile montante du parti est conseiller régional d’Ile-de-France depuis 2010, parallèlement à son poste de secrétaire national de l’UMP, chargé de la «Nouvelle Economie».

Jeunesse et langue de bois

A Paris, son défi est grand. Sa circonscription apparaît acquise à la gauche, François Hollande y a obtenu plus de 60% des suffrages le 6 mai dernier. Une candidature vouée à l’échec? Il réfute: «Je refuse le renoncement, l’impuissance. C’est ce que m’a transmis Nicolas Sarkozy, que j’ai eu la chance de servir», avant de glisser qu’il a reçu le soutien, en quelques jours, des ténors François Fillon, Alain Juppé et Jean-François Copé, prétendants plus ou moins affichés pour la présidence de l’UMP.

L’élève brillant passé par HEC et Sciences-Po Paris n’est pas exempt de «maladresses» de parcours. Sur sa langue de bois presque légendaire au cours de la dernière campagne de Nicolas Sarkozy, Fabien de Sans Nicolas explique: «La langue de bois est un refuge pour les jeunes militants, qui sont mis sous pression. Il veut éviter les erreurs, c’est normal. C’est à mettre sur le compte de sa jeunesse.» Sur ce compte, figure aussi un libdub kitschissime des militants des Jeunes Pops en 2009, entourés de ministres, pour «changer le monde». Quant à la récente sortie sur sa «surmotivation» de rencontrer de Nicolas Sarkozy, comparée à l’effet d’«un rail de coke», Benjamin Lancar parle de «maladresse», réclame le droit à faire des erreurs.

Si Paris se dérobe à lui le 17 juin prochain, qu’en est-il de son futur? Pour Fabien de Sans Nicolas, la jeune pousse a «le niveau intellectuel pour devenir un bon cadre du parti». Benjamin Lancar indique vouloir «agir pour la reconquête de Paris en 2014, avant la grande échéance de 2017». Quant à la suite, il assure que rien n’est tracé: «Il serait orgueilleux et ennuyeux de penser que je vais faire de la politique toute ma vie. Je le fais tant que je resterai passionné. Après ça, d’autres prendront le relais.»

Anne-Laëtitia Béraud
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