Hénin-Beaumont: Jean-Luc Mélenchon a tout à y gagner

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Publié le 13 mai 2012.

LÉGISLATIVES - Le candidat du Front de gauche a choisi de se présenter aux législatives dans la 11e circonscription du Nord...

Il aurait pu aller dans l’Hérault ou à Paris mais Jean-Luc Mélenchon a choisi Hénin-Beaumont, dans le Nord. Jean-Luc Mélenchon l’a annoncé officiellement ce samedi: il est candidat aux législatives dans la 11e circonscription du Nord, le fief de Marine Le Pen. «Je forme le voeu que les citoyens veuillent majoritairement être représentés à l'Assemblée nationale par quelqu'un qui porte comme réponse à la crise le social et pas l'ethnique», a-t-il indiqué sur France 3 Nord/Pas-de-Calais.

Une manière de continuer son mano à mano, entamé lors de la présidentielle, avec la présidente du FN, Marine Le Pen. L’eurodéputé pourrait donc se retrouver à l’Assemblée le mois prochain mais la situation n’est pas si simple. Si l’UMP est localement quasi inexistante dans ce fief socialiste, le FN y est très bien implanté et a recueilli 35,48 % des suffrages au premier tour de la présidentielle, en tête, devant le PS (26,82 %), l’UMP (15,76 %) et le Front de gauche (11,98 %). Au second tour en revanche, François Hollande a quasiment fait 60 % des voix dans cette ville ouvrière, frappée par le chômage.

Ce choix de Hénin-Beaumont lui permet «d’exister médiatiquement dans la campagne des législatives» et d’afficher sa «constance politique» en continuant «d’aller au front» contre le FN, explique Rémi Lefebvre, politologue à l’université de Lille. «Il n’a rien à perdre, c’est tout bénef’pour lui puisqu’en cas d’échec il est toujours député européen», ajoute-t-il. Et il pourrait prendre le meilleur de la situation locale très complexe: avec un candidat socialiste investi mais contesté, Philippe Kemel, et un autre qui pourrait entrer en dissidence.

Anticiper «le problème de leadership»

Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée, c’est une caisse de résonance immense pour celui qui veut mener la contestation du futur gouvernement socialiste. C’est dans l’hémicycle que se prendront la plupart des décisions majeures du quinquennat. Certains doutent toutefois qu’il veuille vraiment gagner. «Jean-Luc fera ce qu’il veut. Mais quel intérêt a-t-il à venir à l’Assemblée? Je rappelle qu’à l’Assemblée, à un moment, il faut voter. Il est beaucoup mieux dans son Aventin bruxellois, bien tranquille dans sa fonction tribunicienne», raille un dirigeant d’EELV.

C’est sans compter les enjeux internes au Front de gauche, cette alliance entre le PCF et le Parti de gauche de Mélenchon. Le deal passé entre les deux partis donnait la candidature à la présidentielle à un non communiste mais réservait l’immense majorité des investitures au PCF. De fait, «il ne devrait pas y avoir plus d’un député du Parti de gauche», juge Rémi Lefebvre et le groupe à l’Assemblée sera forcément dominé par les communistes. Or, les deux partis ne partagent pas forcément la même stratégie face au PS et les relations entre le PCF et le PG sont amenées à se détériorer, estime le politologue. Il s’agira donc de compenser la faiblesse numérique par la force d’expression. «Il va y avoir un problème de leadership à un moment ou un autre», juge Rémi Lefebvre.

Maud Pierron
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