VIDEO. Résultats Législatives: Déroute historique pour le PS et ses alliés avec une quarantaine de sièges

ELECTIONS Le Parti socialiste connaît une déroute historique au second tour des élections législatives...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS démissionnaire, le 18 juin 2017 à Paris

Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS démissionnaire, le 18 juin 2017 à Paris — YANN BOHAC/SIPA

Quarante-cinq députés PS-PRG-EELV-Divers gauche ont été élus au second tour des élections législatives ce dimanche, selon les résultats définitifs du ministère de l’Intérieur - même si les 11 sièges pour les Français de l'étranger doivent être officialisés lundi -. Ce résultat est historiquement bas, encore moins bien que les 57 sièges obtenus en 1993 par le PS lors de la défaite historique en 1993.

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A l’annonce des résultats, le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a déploré une « déroute sans appel » avant d’annoncer quitter la direction du parti. Une direction collégiale va être bientôt adoptée.

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« Globalement, c’est la pire défaite en pourcentages et en sièges du PS sous la Ve République », assure Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Cevipof. « Même en 1993, lors de la précédente déroute du parti, 57 sièges avaient été gagnés. C’est une défaite cinglante, mais le PS évite l’humiliation suprême de passer en dessous la France insoumise ».

Poignée de figures réélues

Parmi les figures battues ce dimanche, figurent les anciens ministres Jean-Jacques Urvoas, Najat Vallaud-Belkacem, Marisol Touraine et Myriam El Khomri. Le chef de file des frondeurs PS, Christian Paul, est battu dans la Nièvre. L’ancien ministre Stéphane Le Foll, l’ex-président du groupe PS à l’Assemblée Olivier Faure, ou encore l’ex-porte parole de Manuel Valls Olivier Dussopt, sont quant à eux réélus. Tout comme l’ancienne ministre Delphine Batho, réélue dans les Deux-Sèvres.

Le score du PS révèle par ailleurs « deux grandes faiblesses » pour le parti, souligne le politologue et chercheur associé à l’Iris Eddy Fougier. « Le PS est en dessous des 60 députés, nombre minimum pour pouvoir saisir le Conseil constitutionnel [qui contrôle la conformité de la loi à la Constitution avant la promulgation du texte]. Cela l’empêche de constituer un droit d’opposition aux textes de la majorité. Par ailleurs, avec une quarantaine de candidats élus ce dimanche, c’est une catastrophe financière pour le parti », précise le politologue.

« Le chantier de recomposition démarre »

Quels lendemains pour le PS ? « Le chantier de recomposition démarre. L’enjeu pour le PS sera de faire émerger des figures incarnant le renouveau chez les députés nouvellement élus », ajoute le chercheur Bruno Cautrès. « Le parti va devoir définir également son corpus idéologique, sur ce que représente l’approche de gauche dans une économie libérale et mondialisée. »

Un conseil national du PS parti doit se tenir samedi, décidant de la réorganisation du parti et de l’attitude à adopter par rapport à la majorité macroniste.