Législatives: «On a fait tomber un fief socialiste», les soutiens de Griveaux fêtent sa victoire à Paris

REPORTAGE Le porte-parole de La République en marche a été élu député dimanche dans la 5e circonscription de Paris...

Laure Cometti

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Benjamin Griveaux, le 15 juin 2017 à Paris.

Benjamin Griveaux, le 15 juin 2017 à Paris. — MATHILDE MAZARS/SIPA

Il faisait partie des « quatre pelés » qui ont suivi Emmanuel Macron lorsqu’il a lancé En marche ! il y a un peu plus d’un an, et il aime le rappeler. A 39 ans (comme le nouveau président de la République), Benjamin Griveaux a été élu député de la 5e circonscription de Paris en battant la sortante socialiste Seybah Dagoma (avec 56,27 % des suffrages exprimés contre 43,73 %) au second tour des législatives dimanche.

« On peut se passer du MoDem »

C’est dans une brasserie new-yorkaise du 10e arrondissement, à deux pas de son QG de campagne, que cet ancien socialiste, tendance strauss-kahnienne, est venu annoncer sa victoire à ses soutiens, un peu après 22h30. Des dizaines de militants et de sympathisants y attendaient les résultats dès la fermeture des bureaux de vote. On a même croisé Ismaël Emelien, autre marcheur de la première heure, qui s’est éclipsé avant 22h.

On a aussi entendu les sympathisants de La République en marche (LREM) se réjouir, et ils avaient plusieurs motifs de satisfaction. « Ce soir, on a fait tomber un fief socialiste », lance un homme au comptoir. La députée Seybah Dagoma avait été largement élue (à plus de 70%) par les inscrits des 3e et 10e arrondissements en 2012.

« On peut se passer du MoDem, c’est ce que je voulais », se réjouit un autre. Avec 300 députés élus au second tour (selon des résultats provisoires à 1h ce lundi), LREM obtient largement la majorité absolue à l’Assemblée nationale (289 sièges). « Plus besoin de Bayrou », espère ce sympathisant.

« Il y aura une opposition, et c’est tant mieux »

Lorsqu’il arrive, souriant, Benjamin Griveaux est acclamé par les membres de son équipe de campagne, les militants et sympathisants de son parti. Devant la terrasse de la brasserie, il prononce un discours conclu par une Marseillaise. A 20 Minutes, il dit ressentir « un immense bonheur, une grande fierté et surtout une immense responsabilité. Il y a une forte attente et une abstention très élevée, il faut renouer le lien entre la classe politique et le pays ». « Il y aura une opposition, et c’est tant mieux. il y a une semaine, on nous disait qu’il n’y en aurait pas et que ça serait la dictature. Nous allons pouvoir débattre à l’Assemblée », estime-t-il. Une bière dans une main, il déballe de l’autre un cadeau offert par son équipe de campagne. Il s’agit d’un manuel de droit parlementaire, qu’il reçoit en riant. « Ça va m’être utile ! »

A l’image des marcheurs, l’équipe qui a rejoint Benjamin Griveaux pour sa campagne compte de nombreux citoyens qui ont vécu leur premier engagement en politique. Soudés par la campagne, ils savourent ce soir la victoire de leur candidat. Dee, nutritionniste de 51 ans qui a longtemps vécu aux États-Unis, a retrouvé dans En marche ! « une fibre démocrate », et l’espoir de « mettre fin à l’immobilisme ». « Il est neuf », dit-elle au sujet de Benjamin Griveaux, qui, s’il vient décrocher son premier mandat de député, est loin d’être novice en politique.

Militant au PS (de 2004 à 2014), délégué général adjoint du club de réflexion co-fondé par Michel Rocard et Dominique Strauss-Kahn (de 2003 à 2007), conseiller municipal à Châlons-sur-Saône (2008), puis conseiller général et vice-président du conseil général de Saône-et-Loire, membre du cabinet ministériel de Marisol Touraine (2012) : ce CV place Benjamin Griveaux parmi les nouveaux députés LREM les plus aguerris et fait de lui l’un des favoris pour présider le groupe parlementaire de la majorité présidentielle. Pour l’heure, il n’en dit mot mais il évoque déjà son futur travail à l’Assemblée et l’avenir d’En marche !, « qui n’a rien de commun avec les autres partis ». Le mouvement doit organiser son premier congrès dès le mois de juillet.