Législatives: Majorité écrasante en vue pour Macron, une opposition en lambeaux à l'Assemblée

POLITIQUE La République en marche, allié aux centristes de François Bayrou, pourrait ravir 400 à 470 circonscriptions sur 577 aux élections législatives...

20 Minutes avec AFP

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Assemblée nationale vide.

Assemblée nationale vide. — Thomas SAMSON / AFP

Les Français ont commencé à voter ce dimanche pour le second tour des législatives, qui devrait donner à Emmanuel Macron une majorité écrasante dans la nouvelle Assemblée nationale où l’opposition risque d’être réduite à la portion congrue.

Quelque 47 millions d’électeurs sont appelés à se rendre dans les bureaux de vote, ouverts depuis 08h00. Ils fermeront à 18h00, voire 20h00 dans la plupart des grandes villes.

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Macron attend « une confirmation »

Ce scrutin, par une journée qui s’annonce ensoleillée et chaude, devrait être marqué par une nouvelle poussée de l’abstention au terme d’une longue séquence électorale, qui aura vu la déroute des partis traditionnels.

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Une partie des Français d’outre-mer et de l’étranger ont voté dès samedi.

Seule des six ministres en lice en danger après le premier tour, Annick Girardin (Outre-mer) a été réélue sur le fil à Saint-Pierre et Miquelon.

Après le succès de REM dimanche dernier, le chef de l’Etat attend « une confirmation » qui lui permettrait d’appliquer clairement sa politique, à commencer par les ordonnances controversées sur la réforme du Code du travail.

Une abstention autour des 53 % ?

Son jeune mouvement, allié aux centristes de François Bayrou, pourrait ravir 400 à 470 circonscriptions sur 577, selon les projections, soit l’une des majorités les plus imposantes de la Ve République.

Le renouvellement de l’Assemblée sera en conséquence d’une ampleur inédite, sous l’effet de la vague Macron qui ouvre les portes à une nouvelle génération d’élus, de la loi interdisant le cumul des mandats et des progrès de la parité hommes-femmes.

Seuls 222 députés sortants sont qualifiés pour le second tour.

Quatre députés seulement ont été élus dès le premier tour, conséquence de la forte abstention.

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Le 11 juin, elle avait atteint un niveau record depuis 1958, à 51,29 %. Elle pourrait grimper ce dimanche jusqu’à 53 % à 54 %, selon les dernières enquêtes, soit une dizaine de points de plus qu’en 2012 (44,6 % au second tour).

Quelle opposition face à LREM ?

REM présente 454 candidats pour ce second tour, devant Les Républicains (264), le FN (120), La France insoumise (67), le Parti socialiste (65) et le MoDem (62).

Au premier tour, l’alliance REM-MoDem a obtenu 32,3 % des voix mais sa position centrale lui permet d’espérer des reports de voix de candidats de droite comme de gauche et donc de gagner la plupart de ses duels de second tour.

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Avec 21,56 % des voix, LR allié à l’UDI ne peut espérer, selon les projections, que de 60 à 130 sièges, contre plus de 225 dans l’Assemblée sortante. A gauche, le PS, qui avait envoyé près de 300 députés au Palais Bourbon en 2012, pourrait n’en garder qu’une vingtaine.

Quant au Front national et à La France insoumise, ils n’ont pas réussi à capitaliser sur leurs bons scores à la présidentielle. Avec 13,74 % au premier tour, LFI et le PCF devraient en s’alliant pouvoir juste atteindre les 15 sièges nécessaires pour constituer un groupe. Le FN (13,3 % le 11 juin) n’est lui crédité que de 1 à 5 sièges, dont celui de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont.

Au lendemain de ces législatives, Edouard Philippe devrait, comme le veut la tradition, remettre la démission de son gouvernement pour être aussitôt chargé d’en former un nouveau avec a priori peu de changements.

La semaine sera aussi dominée par les tractations sur les répartitions des postes clés de l’Assemblée en vue de la séance inaugurale du 27 juin où sera élu le successeur de Claude Bartolone. La déclaration de politique générale aura lieu le 4 juillet et permettra de voir ce qu’il reste d’opposition puisqu’une partie des candidats LR, UDI ou PS bien placés pour être élus comptent voter la confiance à Edouard Philippe.