Législatives: Y a-t-il quelqu’un pour battre la droite dans le Haut-Rhin ?

POLITIQUE Dans ce département traditionnellement ancré à droite, trois des six députés sortants ne se représentent pas. De quoi changer le rapport de forces?

Alexia Ighirri

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Strasbourg le 22 mars 2015. Illustrations premier tour des elections departementales

Strasbourg le 22 mars 2015. Illustrations premier tour des elections departementales — G. Varela \ 20 Minutes

Ils seront nombreux à briguer un mandat de député lors des élections législatives. Exactement 91 candidats pour six sièges dans le Haut-Rhin, dont 18 rien que pour la circonscription de Colmar.

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Dans ce département alsacien ancré à droite, cinq circonscriptions étaient dirigées par Les Républicains (LR), la sixième par l’UDI. Qu’est-ce qui pourrait mettre en difficulté les candidats de la droite et du centre dans les urnes les 11 et 18 juin ?

Trois députés ne se représentent pas. Soit la moitié des députés sortants. Elus depuis 2002 à l’Assemblée nationale, Arlette Grosskost (LR, 5e circonscription) a décidé de se retirer de la vie politique, Michel Sordi (LR, 4e circonscription) et Jean-Louis Christ (LR, 2e circonscription) privilégient leurs mandats locaux. De quoi laisser un vide, peut-être difficile à combler pour ceux qui prennent leur suite. Ou d’ouvrir une voie royale pour des candidats d’autres partis, comme ceux de La République en marche (LREM) ou du Front national (FN). Il semble en revanche difficile de déloger les trois autres sortants qui briguent encore un mandat, à savoir Eric Straumann (LR, 1re circonscription), Jean-Luc Reitzer (LR, 3e circonscription) et Francis Hillmeyer (UDI, 6e circonscription).

Le Front national encouragé par les précédents scrutins. En avril, au premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen est sortie en tête dans quatre des six circonscriptions haut-rhinoises. Au total, dans le département, la candidate soutenue par le FN a réuni 27,16 % des voix devant François Fillon (22,34 %). Précédemment, aux régionales 2015, le FN de Florian Philippot était aussi facilement sorti en tête du premier tour. Le parti était arrivé en deuxième position aux dernières législatives. Cette fois, les candidats FN ont notamment leur chance dans les 2e et 4e circonscriptions (des secteurs un peu plus éloignés des villes centres), où le député sortant ne se représente pas et où Marine Le Pen a viré en tête à la Présidentielle.

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La gauche dispersée, le Parti socialiste discret. Le territoire n’est déjà pas vraiment opportun pour la gauche. Et celle-ci part en ordre dispersé avec, dans chaque circonscription, des candidats pour la France insoumise, le Parti radical de gauche, le Parti communiste, Lutte ouvrière et autres candidatures écologistes, extrême gauche ou divers gauche. Le Parti socialiste ne présente que deux candidats dans le Haut-Rhin, dans les deux circonscriptions proches de Mulhouse. C’est en tout cas dans ce secteur que la gauche a peut-être sa meilleure carte à jouer : au premier tour de l’élection présidentielle à Mulhouse, Emmanuel Macron n’a devancé Jean-Luc Mélenchon que de 17 voix.

Quid d’Unser Land ? C’est une particularité du département. Dopé par son score aux élections régionales en 2015, le parti régionaliste Unser Land – devenue alors la troisième force politique haut-rhinoise – présente des candidats dans toutes les circonscriptions. Les régionalistes arriveront-ils encore à se faire entendre alors que les débats vont au-delà de la réforme territoriale ?

A titre de comparaison, Unser Land n’avait présenté qu’un seul candidat en Alsace pour les législatives de 2012… dans le Bas-Rhin.