Législatives: L'explication floue de Mélenchon sur sa candidature à Marseille

POLITIQUE Interrogé par Léa Salamé et David Pujadas, l’ancien candidat à la présidentielle a livré une explication alambiquée…

Manon Aublanc

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David Pujadas et Léa Salamé interrogent Jean-Luc Mélenchon, candidat aux législatives dans la ville de Marseille sur le plateau de L'Emission politique, le 18 mai 2017.

David Pujadas et Léa Salamé interrogent Jean-Luc Mélenchon, candidat aux législatives dans la ville de Marseille sur le plateau de L'Emission politique, le 18 mai 2017. — Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Arrivé quatrième lors du premier tour de l’élection présidentielle « à 600.000 voix près », le leader de la France insoumise a annoncé, il y a quelques jours, sa candidature aux législatives… à Marseille. Jean-Luc Mélenchon a tenté de justifier son choix, ce jeudi, dans l’Emission politique de France 2, non sans mal.

Alors qu’il a été sénateur dans l’Essonne et député européen dans le Sud-Ouest, c’est finalement à Marseille que Jean-Luc Mélenchon a décidé de présenter sa candidature pour les législatives du 11 et 18 juin prochain, où il affrontera le député socialiste sortant, Patrick Mennucci.

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« Parce que j’ai changé de ligne stratégique sur ce qu’il y a lieu de faire »

Réfutant un « parachutage », l’ancien candidat à l’élection présidentielle s’est justifié en expliquant qu’il avait réalisé un de ses meilleurs scores la cité phocéenne. Pourtant, l’homme aurait pu présenter sa candidature à Hénin-Beaumont, où il avait été candidat en 2012, face à Marine Le Pen. « Je suis allé à Marseille sur une vision stratégique. J’ai choisi Marseille parmi les grandes villes dans lesquelles je suis arrivé en tête. J’aurais pu aller à Évry puisque je suis devant monsieur Valls. J’aurais pu aller au Havre, même, puisque je suis devant le Premier ministre » a-t-il expliqué répondant à une question de Léa Salamé. La journaliste lui demande alors pourquoi il ne s’est pas présenté à Hénin-Beaumont, face à Marine Le Pen : « Parce que j’ai changé de ligne stratégique sur ce qu’il y a lieu de faire » a répondu sèchement l’ancien candidat à la présidentielle.

Léa Salamé poursuit en insistant sur le score élevé du Front national à Hénin-Beaumont, contrairement à Marseille, Jean-Luc Mélenchon livre une explication floue : « J’ai une responsabilité politique. On le sait. On le voit aux résultats qu’il y a là. Le temps que les autres éclaircissent leur situation, c’est-à-dire le Parti socialiste, qui maintenant est partagé entre ceux qui une fois élus iront voter Macron et ceux qui ne voteront pas Macron. C’est mon plus grand problème. Vous vous souvenez que j’ai tendu la main à monsieur Hamon. Quand il a dit 'il faut faire l’unité', j’ai dit 'bah oui, mais sortez du PS parce que sinon ça ne veut rien dire, ce sont les alliances tuyau de poêle'. Donc j’ai une responsabilité. Je me tournerai vers eux dès qu’ils auront fait la clarté entre eux. Moi, c’est simple, j’ai un programme […]. »

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« Parce que Marseille, c’est la France en concentré »

Le candidat aux législatives enchaîne, revenant spécifiquement sur son choix de la ville de Marseille : « Pourquoi je vais à Marseille ? Entendez ça : la dernière fois en 2012, on sentait que le danger était extrême avec madame Le Pen et j’avais passé une partie de la campagne à tâcher de la sortir de son rail. Je n’y suis pas arrivé.  Je suis allé à Hénin-Beaumont, je n’y suis pas arrivé (…) Et donc je vais à Marseille pour quoi ? Parce que Marseille, c’est la France en concentré. Et la circonscription dans laquelle je suis, je l’ai étudiée, c’est Marseille en concentré. C’est-à-dire des écarts extrêmes de pauvreté et de richesse, toute sorte de problèmes et toute sorte d’atouts. Si bien que cette ville doit pouvoir parler à la France. J’ai besoin d’être appuyé sur une base sociale qui permet de dire : voilà les problèmes, y’en a assez de voir des gens, tant de vies brisées par le chômage et par la misère. »

David Pujadas avance ensuite les nombreux reproches qui sont faits au leader de la France insoumise de ne pas aller au combat dans un bastion du Front national : « On me dit 'alors cette circonscription est facile'. Elle est tellement facile que le député sortant a perdu sa mairie. Bon. C’est pour dire. Mais pourquoi je ne suis pas allé dans cette circonscription ? Parce qu’il y a quelqu’un ! Elle s’appelle Sarah Soihili. C’est une doctorante en criminologie. C’est une championne du monde de boxe. D’accord ? C’est une femme, elle coche toutes les cases. Je viens pour l’aider. Vous verrez que tout le monde montera. J’ai l’espoir que ce soit elle qui batte le député Front national. […] Voilà pourquoi je n’y suis pas allé. Et tous les gros machos du coin me disent "t’as qu’à aller là-bas". Non ! Je veux qu’elle gagne, elle ! »