Macron et Baroin
Macron et Baroin - Photomontage/DR
  • Le non-cumul des mandats oblige les partis à trouver de nouveaux visages.
  • La droite peine à trouver des angles d’attaques contre Macron et son gouvernement.

Bien malin qui pourrait prévoir l’issue des législatives dont la campagne officielle débute ce lundi. L’élection d’Emmanuel Macron à la présidence laisse planer un grand doute sur la future majorité. Le président de la République a réussi son premier pari. Le voilà maintenant en quête d’une recomposition de la classe politique pour gouverner.

Son gouvernement mixte a entraîné un brouillamini dans la classe politique, habitué au traditionnel clivage droite-gauche. Cette restructuration et le renouvellement des visages promis à la future assemblée fait du scrutin des 11 et 18 juin un scrutin unique sous la Ve République. 20 Minutes vous dit pourquoi.

1. Un résultat incertain

Emmanuel Macron lors de sa visite à Berlin pour rencontrer Angela Merkel, le 15 mai 2017.
Emmanuel Macron lors de sa visite à Berlin pour rencontrer Angela Merkel, le 15 mai 2017. - action press/Shuttersto/SIPA

Traditionnellement, les Français donnent une majorité au président. Mais, cette fois, le scrutin est plus incertain car les deux grands partis de gouvernement ont été évincés du second tour. Le Parti socialiste et Les Républicains espèrent prendre leur revanche et obliger Emmanuel Macron à une cohabitation. Les sondages donnent pour l’instant le parti de la majorité en tête mais le score national (32 % pour La République en marche alliée au Modem dans le dernier sondage Harris Interactive) est à prendre avec des pincettes.

Le non-cumul des mandats (voir plus bas) oblige les partis à lancer des têtes nouvelles dans la campagne, et plusieurs circonscriptions verront naître des triangulaires, voire des quadrangulaires pour le second tour.

2. Des ténors protégés (mais sans le dire)

Emmanuel Macron et Manuel Valls le 8 avril 2015.
Emmanuel Macron et Manuel Valls le 8 avril 2015. - Philippe Wojazer/AP/SIPA

C’est l’une des conséquences étranges de la recomposition politique : bien qu’ils ne soient pas investis par La République en marche, plusieurs cadors LR et de PS n’auront pas de candidats de la majorité face à eux. Contrairement à ce qu’avait promis Emmanuel Macron, il n’y aura pas de « marcheurs » dans toutes les circonscriptions : 55 seront laissées vacantes. C’est un soutien sans le dire pour Bruno Le Maire, Franck Riester (un de ses proches), Thierry Solère, Benoist Apparu, mais aussi Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Marisol Touraine et Myriam El Khomri.

3. Une improbable campagne pour la droite

Les Républicains vont faire campagne, mais contre qui ? Avec trois LR au gouvernement, la droite se retrouve face à elle-même. « Sur le fond, le gouvernement sera difficile à attaquer. La droite tient Matignon et Bercy, Jean-Michel Blanquer à l’Education est un proche de Baroin et Collomb et Bayrou pourront difficilement être taxés de laxisme à l’Intérieur et à la Justice », nous expliquait Eddy Fougier, chercheur à l’Iris.

Ce jeudi sur RTL, on sentait bien que François Baroin se forçait de tout son être pour trouver le début d’un reproche à faire au nouveau gouvernement. « Pas du tout, les différences sont très nettes », coupe Daniel Fasquelle, porte-parole LR pour la campagne. « Ce n’est pas une recomposition mais une reddition. Le Maire et Darmanin auront du mal à expliquer comment ils appliqueront un programme qu’ils critiquaient hier. »

Le projet économique de Macron n’est-il pas proche de celui de la droite ? Encore raté, nous répond le député LR : « Nous avons revu notre projet, et prévoyons de baisser la fiscalité, d’augmenter les petites retraites. Emmanuel Macron veut augmenter la CSG, c’est une vraie différence, car cela baissera le pouvoir d’achat des fonctionnaires et des retraités. »

4. Un renouvellement inédit

Assemblée nationale (illustration).
Assemblée nationale (illustration). - NICOLAS MESSYASZ / SIPA

La loi sur le non-cumul des mandats et le renouvellement générationnel vont faire entrer de nouveaux visages à l’Assemblée nationale. D’après le décompte du Monde, « sur la quasi-totalité des effectifs de l’Assemblée nationale (568 sur 577), plus d’un tiers (36 %) des députés sortants ne se représenteront pas ». 206 nouveaux députés entreront donc à l’Assemblée. Pour les circonscriptions restantes, la nouveauté est également possible, car les députés sortants ne sont pas certains d’être réélus. Le bouleversement attendu serait historiquement comparable à 1958 et 1968, note le quotidien.

Mots-clés :