François Bayrou, marchant dans les rues de Paris, le 11 mai 2017.
François Bayrou, marchant dans les rues de Paris, le 11 mai 2017. - Eric FEFERBERG / AFP

L’idylle entre François Bayrou et Emmanuel Macron n’aura-t-elle duré que le temps d’une campagne présidentielle ? Jeudi, le parti du nouveau président publiait une liste de 428 noms d’investis aux législatives. Une liste savamment étudiée pour laisser la porte ouverte à certains ténors de parti comme Bruno Le Maire (LR) et faire des compromis avec d’autres comme l’ancien Premier ministre Manuel Valls, en ne leur opposant pas de candidats de La République en marche ! dans leurs circonscriptions.

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Mais voilà, c’était sans compter sur François Bayrou, venu gâcher la fête. Le président du MoDem a fait une toute autre analyse de cette liste et prévenu qu’elle n’avait pas « l’assentiment » de son parti, qui avait conclu un accord avec En marche ! dont les termes n’ont pas été rendus publics.
« Je convoque le bureau politique du MoDem demain (vendredi) soir en souhaitant que dans les heures qui viennent, un mouvement de raison permette des investitures communes dans toutes les circonscriptions comme Emmanuel Macron et moi en sommes convenus depuis le premier jour de notre entente », a-t-il déclaré.

Emmanuel Macron, qui n’a donc pour l’instant investit aucun candidat pour les législatives dans quelques 150 circonscriptions afin de ménager des responsables de droite et de gauche, a fortement contrarié son allié François Bayrou qui espérait d’avantage de candidatures MoDem.

« Il veut faire monter les enchères »

Des proches du président élu ont tenté de déminer ces critiques. « Ce qu’il se passe c’est qu’il considère qu’il n’a pas été assez servi, c’est tout », a expliqué un premier, pour qui « Bayrou est un homme politique madré, il veut faire monter les enchères ». « Plusieurs dizaines de MoDem ont été retenus et dans des circos gagnables », relève un second. « Mais il peut arriver qu’il y a des gens auxquels il tenait et qui n’y sont pas… ». Le secrétaire général de La République en Marche !, Richard Ferrand, a assuré qu’il pourrait y avoir des places dans les 150 circonscriptions restantes.

Alors qu’Emmanuel Macron devrait annoncer l’identité de son Premier ministre au lendemain de la passation de pouvoir avec François Hollande, ce coup de gueule de François Bayrou laisse peu d’espoir à sa nomination à Matignon.
Cette première querelle entre les deux alliés aura en tout cas beaucoup amusé certains élus LR sur Twitter comme Eric Ciotti ou Roger Karoutchi.

Un nouveau couac à gérer pour Emmanuel Macron puisque la liste publiée jeudi ne comportait pas moins de dix erreurs, corrigées dans la soirée, dont certaines ont fait du bruit, comme celles concernant Mourad Boudjellal, président du Rugby club toulonnais, qui n’a pas été investi contrairement à ce qui a été annoncé.

 

 

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