Nathalie Kosciusko-Morizet a voté à Longjumeau, dans l'Essonne, le 17 juin 2012.
 Nathalie Kosciusko-Morizet a voté à Longjumeau, dans l'Essonne, le 17 juin 2012. - PRM/SIPA

Reuters

L'ex-porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle Nathalie Kosciusco-Morizet a vivement critiqué dimanche la stratégie du conseiller Patrick Buisson, jugeant que son objectif était «de faire gagner Charles Maurras» plutôt que l'ex-chef de l'Etat.

«Le principal reproche que je fais à Patrick Buisson c'est que son objectif, à mon avis, n'était pas de faire gagner Nicolas Sarkozy, il était de faire gagner Charles Maurras», a-t-elle déclaré sur Canal+. «Il était sur un objectif qui était plus idéologique que politique», a insisté la députée UMP de l'Essonne à propos de celui qui fut l'un des principaux artisans de la droitisation de la campagne de l'ancien chef de l'Etat.

«Il y a des choses qu'il vaut mieux dire avant»

Figure de l'extrême droite catholique, Charles Maurras, journaliste, homme politique et essayiste (1868-1952), fut un dirigeant de l'Action française. Interrogée sur le fait de savoir si cela avait été un «calvaire» de porter certains des thèmes de la campagne, alors qu'elle-même avait combattu les idées du Front national dans un livre publié il y a un an, Nathalie Kosciusco-Morizet a jugé que le terme «calvaire» n'était «pas du tout adapté».

«J'ai accepté d'être porte-parole, je savais que c'était un job dur (...) J'ai vécu des débats internes très rudes, qui se sont déroulés à la une des journaux: tout le monde sait bien que j'avais une ligne différente de celle de Patrick Buisson», a-t-elle dit. «Pour moi, aucun accord, aucune alliance d'aucune sorte n'est tolérable, le FN a changé la vitrine mais c'est la même arrière-boutique et en plus il veut la mort de la droite», a-t-elle répété.

«J'observe» aujourd'hui que «beaucoup de monde se rallie à cette position. Ils ne m'ont pas tous soutenue à l'époque mais mieux vaut tard que jamais. Simplement il y a des choses qu'il vaut mieux dire avant les élections qu'après», a encore lancé Nathalie Kosciusco-Morizet.