Présidence de l'UMP: Qui soutient qui?

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Publié le 5 juillet 2012.

POLITIQUE - L'état des lieux alors que les déclarations des uns et des autres se multiplient...

Les couteaux sont de sortie. Les uns après les autres, les cadres de l’UMP prennent position pour leur champion. C'est soit François Fillon - qui s'est officiellement déclaré candidat à la présidence de l'UMP samedi- ou Jean-François Copé, qui devrait se déclarer officiellement le 26 août. D’autres ne sont pas contre une candidature, tel Alain Juppé, mais avec des conditions. Enfin, certains regardent prudemment la tectonique des plaques. Revue des troupes par 20 Minutes...

Les fillonistes

Si les historiques sont peu nombreux, leurs rangs grossissent depuis plusieurs semaines. Parmi les fidèles: Roselyne Bachelot, Chantal Jouanno et quelques députés fidèles mais pas très connus du grand public comme Jérôme Chartier, Philippe Goujon, Michel Bouvard… Parmi les nouveaux amis, figurent Valérie Pécresse qui, dans un entretien au Figaro, assure que Fillon «est le plus à même à la fois de nous rassembler sur de nouvelles idées, un nouveau mode de fonctionnement, et d'assurer l'unité de l'UMP entre libéraux, centristes, gaullistes et Droite populaire». L’ancien Premier ministre bénéficie aussi de l’appui de Xavier Bertrand, un allié de circonstance, converti à sa cause par anticopéisme.

Un autre ancien ministre, lui aussi anticopéiste, Laurent Wauquiez, a annoncé le soutenir lors une interview accordée au Figaro, le 27 juin dernier. Selon l'animateur du club Droite sociale, François Fillon dispose d’«une incontestable stature d'homme d'État. Il a une cote de popularité très solide, et nous en avons bien besoin pour reconquérir des positions.» Quant au député des Alpes-Maritimes à Eric Ciotti, il a annoncé ce lundi matin dans Le Figaro son ralliement à «un homme d'Etat animé par le seul sens de l'intérêt général qui a toujours refusé les compromis à l'eau tiède».

Les copéistes

Le secrétaire général de l’UMP bénéficie de l’appui de Luc Chatel, un quadra nourri au biberon du chiraquisme, comme lui. François Baroin et Bruno Le Maire comptent aussi parmi ses soutiens naturels mais les deux préviennent qu’ils pourraient être tentés de présenter leur propre candidature si leurs idées ne sont pas prises en compte. Jean-François Copé peut s’appuyer sur le soutien sans faille de Christian Jacob, un proche, qui vient d'être réélu à la présidence du groupe UMP à l’Assemblée nationale, face à Xavier Bertrand, permettant ainsi au camp Copé de marquer un point dans la perspective du congrès de novembre. Et aussi de Christian Estrosi, converti de fraîche date au copéisme. Depuis mardi, Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine, s'est rallié à lui. Jean-François Copé peut enfin compter sur le soutien de cadres qui vouent une animosité personnelle à François Fillon. Parmi eux, Jean-Pierre Raffarin et Rachida Dati. Laquelle n’exclut pas totalement d’y aller à son compte.

La proposition Juppé 

«Ne pas ajouter une troisième candidature au risque d'accentuer encore la cacophonie», explique Alain Juppé en parlant des candidatures Fillon et Copé. Mais le maire de Bordeaux, cofondateur de l'UMP en 2002, veut bien d'un accord sur une équipe où il serait «prêt à être candidat», explique-t-il ce lundi sur Europe 1. Dans une note de blog publiée ce week-end, Alain Juppé précise que le futur président de l'UMP devrait s'engager à ne pas être le candidat du parti à l'élection présidentielle de 2017...soit un portrait de lui-même, en creux. Il est d'ores et déjà soutenu par l'ex-secrétaire général de l'Élysée sous Chirac, Philippe Bas.

>> Lire notre interview d'Alain Juppé

Un soutien discret. L'ancien président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a estimé le 5 juillet qu'il fallait «débattre» de l'offre d'Alain Juppé de prendre la tête de l'UMP pour éviter un duel fratricide Copé-Fillon et déconnecter le congrès du parti de la présidentielle de 2017.

Les candidats potentiels

Nathalie Kosciusko-Morizet pourrait être tentée de se présenter aussi à la présidence de l'UMP. Dans le cas contraire, l'ancienne porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy serait plus encline à soutenir François Fillon que Jean-François Copé, dont elle n'est pas proche. Dominique Dord, trésorier de l'UMP, ne serait pas contre une candidature à la présidence du parti, comme il l'a expliqué récemment au Dauphiné Libéré.

Les sarkozystes

Réunis sous la bannière de la Droite forte derrière Brice Hortefeux, cette poignée de politiques n’ont pas de chef de file naturel susceptible de se présenter. A l’exception de Nicolas Sarkozy lui-même. Un  retour très hypothétique aujourd’hui. Leur ambition: faire fusionner les idées de la Droite populaire avec celles de la Droite sociale de Laurent Wauquiez. Une posture plus proche de celle de Jean-François Copé que de François Fillon. Lequel est durablement brouillé avec Nadine Morano, l’une des icônes sarkozystes.

La droite populaire

Exsangue après les législatives, cette tendance, la plus à droite à l’UMP, n’a pas non plus de leader naturel susceptible de présider l’UMP. Pas évident de savoir de qui ils sont les plus proches. «Sur le plan du positionnement vis-à-vis du FN, ils sont plus proches de Copé. Mais beaucoup, comme Lionnel Luca ou Eric Ciotti, le trouvent trop libéral. Et préfère le positionnement gaulliste, étatiste de Fillon», glisse un cadre du parti.

Les centristes

Les centristes de l’UMP pourraient être tentés de présenter leur propre candidat à la présidence «si ça tourne à l’affrontement stérile Copé-Fillon», affirme l’ancien ministre Jean Leonetti. Eux préféreraient une candidature Juppé ou une candidature, plus hypothétique, Raffarin. «Tous les deux seraient des solutions d’apaisement», poursuit l’ancien ministre aux Affaires européennes.

Alexandre Sulzer avec Anne-Laëtitia Béraud
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