Claude Bartolone a été désigné candidat des députés socialistes à la présidence de l'Assemblée le 21 juin 2012. Bruno Le Roux, à ses côtés, a lui été élu président du groupe PS.
 Claude Bartolone a été désigné candidat des députés socialistes à la présidence de l'Assemblée le 21 juin 2012. Bruno Le Roux, à ses côtés, a lui été élu président du groupe PS. - P. Wojazer/ REUTERS

Matthieu Goar

Pas de fumée blanche au-dessus de la salle des fêtes de l’Assemblée où se tient le conclave socialiste. Mais quatre grands garçons qui se jettent dans les bras, au milieu de la presse dans la Salle des pas perdus. Les collaborateurs du député Claude Bartolone sont heureux. Comme des footballeurs. A l’instant, Elisabeth Guigou, Jean Glavany et Daniel Vaillant viennent de se désister et leur champion est donc désigné comme seul candidat socialiste à la présidence de l’Assemblée nationale. Il sera élu mardi 26 juin, lors de la première session de la législature.

Lors d’un vote à bulletin secret, l’élu de Seine-Saint-Denis avait obtenu 127 voix sur 260 votants, à quatre bulletins de la majorité absolue. Le temps d’un court conciliabule des candidats avec Bruno Le Roux et le vote en reste là. «Je suis un sportif, je me retire», lâche Glavany, arrivé en deuxième position. Bartolone est acclamé.«Nous sommes tombés dans les bras des uns et des autres», a fait savoir Claude Bartolone après l'annonce de sa victoire, histoire de faire passer le mot d'ordre: le temps est au rassemblement. «Il fallait absolument éviter un second tour pour ne pas montrer l’image d’un groupe divisé dès le début», glisse un député.

Des discours «ennuyeux» dans une salle surchauffée

Toute la matinée, de discrètes réunions s’étaient tenues entre députés socialistes, par affinités régionales ou politiques. Histoire de régler les votes. «Après, chacun pouvait voter ce qu’il voulait», explique Patrick Menucci, député marseillais. A 15h, dans une salle surchauffée, les candidats ont ensuite fait un petit discours de dix minutes. «Ennuyeux», lâche un élu. «Des nuances mais pas de divergences», explique Guillaume Garot.

Entre deux propositions sur leurs visions de l’Assemblée, les quatre socialistes se sont surtout astreints à désamorcer les critiques de la semaine. Glavany expliquant que ses propos sexistes («la qualification pour ce poste ne se mesure pas à la taille de la jupe») «avaient été déformés», Bartolone détaillant les problèmes du 93 «similaires à ceux des territoires ruraux», Guigou avouant que sa «froideur» était de famille, et Vaillant tentant de justifier sa candidature tardive «pour qu’il y ait du débat». «J’aurais dû promettre la climatisation des salles plutôt», rigole le maire du XVIIIème arrondissement de Paris, en nage à la sortie.  Cela n’aurait sans doute pas suffi. Après une discrète et efficace campagne toute la semaine à coups de textos et de discussions, Bartolone, ancien fabusien rallié à Ségolène Royal puis Martine Aubry, plus vraiment lié à un camp, s’était imposé dans le groupe PS. Une solution de consensus mais aussi de remplacement en l’absence de Ségolène Royal et de Marilyse Lebranchu.