Ségolène Royal à La Rochelle, le 17 juin 2012.
Ségolène Royal à La Rochelle, le 17 juin 2012. - REUTERS/Gonzalo Fuentes

Maud Pierron, à La Rochelle

De notre envoyée spéciale en Charente-Maritime,

Le soleil rochelais a peut-être adouci, lundi matin, la sévère déroute de Ségolène Royal au second tour des législatives. Battue sèchement, à 37% contre 63% pour le dissident socialiste Olivier Falorni. Sonnée, la socialiste ne se rendra pas à Poitiers, où se tient une commission permanente de la région. Elle y aurait croisé Jean-Pierre Raffarin, son ennemi juré, qui rêvait de sa perte dans la 1ère circonscription de La Rochelle. Si ses enfants Thomas et Flora ont quitté la cité portuaire, elle reste à La Rochelle toute la journée et déjeunera avec Maxime Bono, le maire et député sortant de la circonscription, sur le port. «Elle va finir le travail militant ici», indique-t-on dans son entourage.

Dans l’immédiat, elle va se «poser» et «analyser la situation» qui a conduit à sa défaite. Une introspection de «quelques jours» seulement car la socialiste l’a martelé dimanche soir, «ce qui [l’]importe, c’est de repartir au combat». Elle veut continuer à «peser» sur la vie politique nationale.

Mais comment? Car l’ex-candidate à la présidentielle, constamment en campagne depuis 2006 (primaires socialistes en 2006, présidentielle en 2007, direction du PS en 2008, régionales en 2010, primaires socialistes en 2012) n’a plus qu’un seul mandat, la présidence de la région Poitou-Charentes. «Je n’exclus rien», dit-elle mais il n’y a pas tant de choix à soupeser. Il n’y a pas d’élections avant les municipales de 2014, un scrutin pour lequel elle n’a jamais montré d’appétit. Alors pourquoi pas briguer la tête du PS? «Je n’exclus rien», a-t-elle répété alors que son entourage a immédiatement déminé la réponse auprès des journalistes. Non, Ségolène ne vise pas le fauteuil de Première secrétaire laissé vacant par Martine Aubry cet automne, elle a répondu «de manière générale».

Pas au gouvernement

Peut-elle entrer au gouvernement, alors que Jean-Marc Ayrault a remis sa démission à François Hollande? Peu probable, déjà parce que Ségolène Royal faisait savoir que cela ne l’intéressait pas. Et puis faire entrer une battue alors que la règle édictée par Jean-Marc Ayrault voulait que tout ministre défait quitterait le gouvernement signerait un nouveau régime d’exception qui passerait mal, après l’engagement personnel du chef de l’Etat en sa faveur alors qu’il ne devait pas se mêler de la campagne des législatives.

Les partisans de Ségolène Royal se montraient déçus mais aussi confiants en sa capacité de rebond. «Ségolène est une battante. Il y a eu d’autres échecs, elle s’est toujours relevée», expliquait Michèle, dimanche soir à La Rochelle, qui a fait la route depuis Melle, dans les Deux-Sèvres, fief de Ségolène Royal. «Elle repartira car elle a une voix forte. La preuve qu’elle représente quelque chose, tout le monde s’est liguée contre elle», ajoute-t-elle.

«En politique, on ne meurt jamais vraiment»

Dans les rangs du PS, la semaine dernière, on s’inquiétait d’une probable défaite de Ségolène Royal, qui en ferait une grenade dégoupillée, surtout après le tweet rageur de la compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler. La socialiste à la parole parfois iconoclaste, sans fonction d’Etat, pourrait ne pas se sentir liée par la solidarité gouvernementale. Et «peser» sur la politique du gouvernement à sa manière. Surtout que l’exécutif devra bientôt gérer une autre socialiste de premier plan «dans la nature»: Martine Aubry, qui a l’automne, n’aura plus pour mandat que sa mairie de Lille.

Quoi qu'il en soit, cette défaite est, pour Ségolène Royal, moins douloureuse que d'autres. Et elle semblait l'avoir intégré avant dimanche, comme ses proches. Dont l'un expliquait la semaine dernière qu'en cas de défaite, «il n'y a pas mort d'homme, il n'y a que des petites morts. Mais en politique, on ne meurt jamais vraiment».

 

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