Le socialiste Claude Bartolone lors des questions aux gouvernement à l'Assemblée, le 15 juin 2010.
Le socialiste Claude Bartolone lors des questions aux gouvernement à l'Assemblée, le 15 juin 2010. - WITT/SIPA

Matthieu Goar

La présidence de l’Assemblée nationale est un des postes les plus convoités de la République. Au lendemain de la défaite de Ségolène Royal, candidate autoproclamée au perchoir, les ambitions n’ont pas tardé à se révéler dans les rangs socialistes dont le groupe votera, jeudi.

Claude Bartolone, le fabiusien fin connaisseur du groupe

Dès lundi matin, «Barto» lâche l’information au Parisien: il est candidat au perchoir. «J’ai connu cette maison dans tous ses états. Lorsqu’en 1981, nous avions la majorité absolue. Ou comme en 1993 lorsque nous étions très minoritaires et j’ai admiré la façon dont Philippe Seguin a alors tenu compte des socialistes. Sans lui, je ne sais ce que nous serions devenus à l’Assemblée», explique-t-il à 20Minutes, histoire de convaincre la gauche et de rassurer la droite. Fin politique, Bartolone, fidèle de Laurent Fabius mais jamais vraiment proche de Hollande, mène campagne et a déjà envoyé un message à tous les députés socialistes. «Ils ont mon numéro. S’ils ont envie de discuter, je suis disponible.» Sauf qu’il se murmure que l’Elysée souhaite voir une femme présider le Palais Bourbon. «Ce serait une erreur d’imposer un nom alors que le gouvernement et Hollande ne cessent de répéter qu’ils tiennent à ce que l’assemblée vive sa vie…», lâche le député de Seine-Saint-Denis.

Jean Glavany, le mitterrando-jospiniste qui connaît tous les députés

L’annonce de sa conférence de presse est arrivée dans l’entre-deux-tours des législatives. Lundi, à 15h30, l’ancien chef de cabinet de François Mitterrand officialisera sa candidature. Grand ami de Bartolone, les deux hommes se sont appelés plusieurs fois pour évoquer leur soudaine concurrence. «Cela ne nuira pas à notre complicité», lâche Bartolone qui a plus d’expérience parlementaire que son copain «Jean». Glavany n’est député «que» depuis 1993 alors que le fabiusien Bartolone traîne ses guêtres dans les couloirs de l’Assemblée nationale depuis 1981. Glavany est très écouté au sein du groupe PS où sa parole compte et où son réseau pourrait l’aider à convaincre ses collègues du bien-fondé de sa candidature. Reste que les deux hommes sont des «anciens» de la génération Mitterrand. Pas idéal pour un nouveau pouvoir qui prône le renouvellement.

Lebranchu, l’aubryste expérimentée

Elle n’a pas officialisé sa candidature mais c’est son nom qui tient la corde. D’abord parce que l’Elysée fait discrètement savoir qu’une femme à l’Assemblée serait un signe fort de modernité. La députée du Finistère, actuellement ministre la Décentralisation et de la Fonction publique, est une grande amie de Martine Aubry. Cela permettrait donc également au couple Hollande-Ayrault de faire plaisir à la première secrétaire du PS qui n’est pas entrée au gouvernement. Depuis 1997, elle s’est tissée un solide réseau à l’Assemblée où elle occupe depuis 2007 le poste de questeur. Elle a donc le profil et l’expérience, sauf qu'elle a démenti la semaine dernière être candidate. 

Guigou, la surprise du chef

Alors que l’on parle des trois précédents noms depuis des semaines, Elisabeth Guigou s’est discrètement invitée dans cette mini-campagne, lundi matin. «On verra» a répondu l’ancienne Garde des Sceaux à une question du journaliste de Télé matin. Problème de sa candidature: elle a perdu de l’influence au sein du PS depuis quelques années.