Avec un Sénat déjà à gauche, Hollande et Ayrault auront les mains totalement libres pour faire voter les lois.
Avec un Sénat déjà à gauche, Hollande et Ayrault auront les mains totalement libres pour faire voter les lois. - V. WARTNER / 20 MINUTES

Matthieu Goar

Une Assemblée à large majorité rose. Au lendemain de la présidentielle, les scénarios les plus optimistes n'imaginaient pas une majorité aussi large. Avec un groupe comptant 314 sièges (avec les élus du MRC et du PRG), selon les estimations de l'institut CSA pour 20 Minutes, BFMTV et RMC dimanche soir.

Le PS obtient donc la majorité absolue à l'Assemblée, «l'information centrale de la soirée», selon Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères. Avec un Sénat déjà à gauche, François Hollande et Jean-Marc Ayrault auront les mains totalement libres pour faire voter les lois. Les candidats socialistes ont pour la plupart bénéficié de la dynamique de la présidentielle, comme Aurélie Filippetti en Moselle et Stéphane Le Foll dans la Sarthe, deux ministres largement élus dans des circonscriptions peu évidentes. «L'œuvre qui est devant nous est immense», a déclaré Jean-Marc Ayrault. Une œuvre qui se déroulera à l'Assemblée sans Ségolène Royal, ni Jack Lang.

Des alliés faibles. Les partis de gauche, écologistes et Front de gauche, peineront à exister dans l'ombre d'un PS puissant. Les socialistes affirment toutefois vouloir rester «ouvert» à leurs partenaires. Un remaniement pourrait même avoir lieu en fin de semaine.

Une droite laminée. «C'est le jeu de l'alternance démocratique», a reconnu Henri Guaino vers 20h. Avec environ 228 élus, l'UMP obtient un nombre de sièges historiquement faible, même si on est très loin du résultat catastrophique de 1981 (158 sièges). Même après la dissolution de 1997, le RPR et l'UDF avaient fait mieux avec 251 sièges. Le parti de Jean-François Copé, affaibli après une présidentielle ratée, a perdu son pari de ne pas laisser la totalité des pouvoirs au PS. «L'opposition sera digne, mais vigilante», a prévenu François Fillon, élu à Paris.

Le retour du FN. Marine Le Pen avait prévenu. «Un député, ce sera un succès. Si on en a deux, un triomphe. Et dix, une révolution.» Finalement, le FN a réussi à faire entrer deux représentants à l'Assemblée (Marion Maréchal-Le Pen, Gilbert Collard, mais pas Marine Le Pen). Le maire d'Orange, Jacques Bompard, de la Ligue du Sud, proche de l'extrême droite, sera, lui aussi, à l'Assemblée.

L'abstention, premier parti de France. Les électeurs sont lassés de la politique. Depuis le 22 avril où l'abstention n'était que de 20,52% (19,65%, le 6 mai), les Français ont fui les urnes. Dimanche, l'abstention a grimpé à 44,4% selon les estimations de CSA. Il semble de plus en plus urgent de réfléchir à un nouveau calendrier électoral qui redonne du poids et de l'importance aux législatives.