Rue de Solférino, des militants fêtent la victoire du parti socialiste qui remporte les éléctions législatives le 7 juin 2012.
Rue de Solférino, des militants fêtent la victoire du parti socialiste qui remporte les éléctions législatives le 7 juin 2012. - P. VERDY / AFP

Nicolas Begasse

Ils applaudissaient déjà à chaque passage télévisé d’une personnalité socialiste, mais les militants PS ont rugi de plaisir, ce dimanche à 20h, en découvrant les résultats de ces législatives et la majorité absolue du PS.

>> La carte des résultats

>> Les résultats circonscription par circonscription

>> Le direct de cette soirée électorale

«On a gagné! On a gagné!», scandent les dizaines de militants rassemblés dans la cour de la rue de Solférino. Encore inattendue il y a une semaine, cette victoire des socialistes, qui obtiennent la majorité absolue avec leurs proches alliés du MRC et du PRG, mais sans leurs alliés plus éloignés d’EELV et du Front de gauche, donne des allures de fête au siège du Parti socialiste.

«La tristesse de la soirée»

Et les bonnes nouvelles s’accumulent au fil des minutes. Claude Guéant, Marine Le Pen, Michèle Alliot-Marie, Nadine Morano: autant de personnalités de droite ou d’extrême droite dont la défaite est applaudie par des militants en feu.

Un score, cependant, est venu calmer leurs ardeurs, avant même l’annonce officielle des résultats: celui de Ségolène Royal à La Rochelle, largement battue par le dissident socialiste Olivier Falorni. Un score annoncé peu avant 20h par l’ancienne candidate à la présidentielle, dans un silence de mort. Les militants PS accusent le coup de la défaite de leur ancienne égérie, imités par les personnalités socialistes présentes dans la cour de Solférino.

«C’est la tristesse de la soirée», évoque le sénateur de Paris David Assouline. «J’ai beaucoup de peine pour Ségolène Royal», avoue le député Claude Bartolone. Un sentiment nuancé par une certitude: Ségolène Royal garde toute sa place au PS. «Elle reste dans le jeu politique», estime Claude Bartolone. «Une combattante comme Ségolène Royal, la gauche en aura toujours besoin», appuie François Rebsamen. «Il faut qu’on trouve maintenant avec elle comment elle peut retrouver sa place dans notre combat», conclut le député Jean-Marie Le Guen.

Le malheur des uns…

Mais si la défaite de Ségolène Royal vient nuancer l’humeur joviale des militants et des élus socialistes, la défaite de la droite vient la renforcer. «La droite ne sait plus où elle. Elle n’avait pas de programme, si ce n’est la revanche, pas de leader au point de ne pas savoir trancher entre le PS et le FN dans l’entre-deux-tours. Quand on n’a ni programme, ni leader, ni stratégie, on est sanctionné», assène Claude Bartolone.

«Il y a une satisfaction», relève pour sa part David Assouline. «Marine Le Pen a été battue. Le peuple qui souffre lui a préféré un socialiste pas connu, du coin, qui a toujours été là. C’est symbolique qu’un électorat même en souffrance ne se soit pas laissé berner.» Cette défaite, plus encore que celle de Ségolène Royal, affecte l’humeur des militants – mais dans le bon sens, cette fois. Une heure après l’annonce des résultats, quand le visage de Marine Le Pen apparaît sur les écrans du siège du PS, les chants entendus à 20h reprennent: «On a gagné! On a gagné!» Certaines défaites font plus plaisir que d’autres.