Jean-François Copé s'apprête à donner une conférence de presse après les résultats du deuxième tour des législatives, le 17 juin 2012.
Jean-François Copé s'apprête à donner une conférence de presse après les résultats du deuxième tour des législatives, le 17 juin 2012. - WITT / SIPA

Vincent Vantighem

«Où allez-vous Monsieur?» Huit agents de sécurité forment le comité d’accueil, ce dimanche soir, au siège de l’UMP. «On est là pour les journalistes, confie l’un d’eux. De toute façon, il n’y aura pas de militant ce soir. C’est comme ça!»

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Passées les portes automatiques de l’ancien garage de la rue de Vaugirard (Paris, 15e), l’ambiance est assez surréaliste. Une centaine de journalistes patientent. La sortie de l’ascenseur est LE point stratégique. «Roger Karoutchi va descendre», indique une chargée de communication. Un cameraman lève un oeil de son roman. Une autre baille. Dans le patio, à côté, les services administratifs de l’ancien parti majoritaire tuent le temps en fumant clope sur clope. «Tu glandouilles pas trop, toi?», s’inquiète l’un d’entre eux. Réponse de l’intéressée: «Oh bah tu sais. On nous a juste demandé de faire acte de présence…» Adossé aux vitres, le reporter vedette d’un news magazine tapote nerveusement sur son smartphone pour avoir «les dernières tendances».

Les portes de l’ascenseur s’ouvrent provoquant un électrochoc dans la meute. En fait, ce n’est que la même chargée de communication qui indique que «Roger Karoutchi ne descendra pas finalement».

Sous le porche, le chauffeur de Jean-François Copé est sorti de sa berline pour tailler une bavette avec les agents de sécurité. «Oh Morano, pfffff!!!», souffle-t-il en signe de désapprobation. C’est le moment que choisit Thierry Mariani pour descendre dans l’arène. De langue de bois en éléments de langage, il reconnaît la défaite et assure qu’il a une «pensée pour Nadine Morano», battue à Toul (Moselle). Les journalistes reprennent leur veille. L’une répète le texte qu’elle devra prononcer en direct pendant que les autres squattent le buffet de chips et cacahuètes. Dans l’entrée, la standardiste aligne les grilles de Sudoku, à peine dissimulée par une pile de tracts. Dans le patio, les assistants se rallument une cigarette. Ca discute des dernières expos à Paris et des comics américains. Les minutes s’égrainent. Les cameramen reprennent leur position devant l’ascenseur.

Copé prend tout le monde de court

Sur le côté, un écran de contrôle branché sur TF1 indique le compte à rebours. Il reste dix minutes avant l’annonce officielle des résultats. Brice Hortefeux fait une sortie sans un mot. Bousculades chez les journalistes. Pour un résultat «sans intérêt», selon l’un d’entre eux. 20h: l’écran de contrôle indique les résultats. Une assistante s’exclame auprès de sa camarade restée dans le champ: «Mathilde, on t’a vu quatre à cinq secondes sur TF1!»

Jean-François Copé doit faire une déclaration imminente. Les journalistes squattent la sortie de l’ascenseur. Le secrétaire général de l’UMP prend tout le monde de court en empruntant les escaliers. Devant le micro, il remercie les militants et reconnaît la défaite. Il est 20h15. Un assistant se retourne vers son camarade. «C’est à quelle heure le foot, déjà?» Jean-François Copé fait marche arrière pour remonter dans les étages du siège de l’UMP. L’ascenseur reste bloqué l’obligeant à faire une moue dubitative aux caméras. Il y a des jours, comme ça…