Ségolène Royal vote à La Rochelle, le 17 juin 2012.
 Ségolène Royal vote à La Rochelle, le 17 juin 2012. - X. LEOTY / AFP

Maud Pierron, à La Rochelle

De notre envoyée spéciale en Charente-Maritime,

«C’est une journée un peu tendue», reconnaît Ségolène Royal, dans la salle de l’Oratoire de La Rochelle (Charente-Maritime), où elle vote. «Ensoleillée» aussi, note-t-elle, comme pour éclipser une seconde la perspective d’une défaite douloureuse dimanche soir dans la première circonscription de La Rochelle, face au dissident socialiste Olivier Falorni. La deuxième claque électorale en huit mois, après celle des primaires où l’ex-candidate à la présidentielle avait recueilli 7% des voix.

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 La défaite, elle y pense. En femme politique expérimentée, elle voit que son adversaire, très offensif, est porté par des militants locaux, qu’il a fait un bon score et que la droite locale joue contre elle. Et même si elle ne voulait pas envisager cette défaite, les sondages effectués cette semaine – qui la donnent tous battue – se seraient rappelés à son bon souvenir.

 Mais en «femme debout», comme elle aime à se décrire, elle la combat ou du moins donne le change. Peu après 11h, c’est encadrée d’une dizaine de personnes, dont le maire de La Rochelle et député sortant de la circonscription Maxime Bono qu'elle est arrivée à son bureau de vote. Avec un grand sourire. Aussi éclatant que figé. Au mur de caméras qui la pressaient, elle n’a pas lâché un mot. Elle a entendu les quelques applaudissements de partisans qui l’attendaient et serré quelques mains.

Falorni et Royal s'évitent

 Après avoir salué les assesseurs et voté, elle a lâché: «J’espère jusqu’au bout que ça va le faire dans les urnes. Les jeux sont faits, on verra les résultats ce soir.» Et d’ajouter, comme pour elle-même: «Croyons-y jusqu’au bout.» L’espoir peut même revenir dans la journée, puisque d’après son entourage cité par un journaliste du Monde, la participation est en hausse dans les quartiers populaires, supposés plus favorables à la socialiste. Ce soir, Thomas, l’aîné de ses enfants et Flora, sa benjamine seront là. Comme ils étaient là le 9 octobre dernier, au soir du premier tour des primaires lorsqu'elle a lâché quelques larmes devant les caméras. 

 En ce dimanche crucial, elle n’a pas – encore – croisé son adversaire, Olivier Falorni. L’ex-premier fédéral du PS de Charente-Maritime, ami du couple Hollande-Trierweiler, qui a reçu le soutien de la première dame via un tweet rageur mardi, a voté dans un autre bureau de vote de La Rochelle. Vers 10h, il s’est dit «fier et heureux que les électeurs dans chaque bureau de vote de cette circonscription puissent avoir le choix entre deux bulletins». Et dans sa tournée des bureaux de vote, il a soigneusement évité le passage par la salle de l’Oratoire.

A 40 ans, ce professeur d’histoire-géo et adjoint au maire de la mairie de La Rochelle pourrait bien faire mettre un genou à terre à la candidate de 2007 qu’il considère comme une «parachutée». S’il l’emporte, il devrait prononcer son discours depuis une brasserie du centre-ville où il a installé son QG pour la soirée électorale. L’établissement s’appelle «Les deux dames». Preuve qu’il a le sens du clin d’œil.