Législatives: Les enjeux, parti par parti?

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Publié le 17 juin 2012.

POLITIQUE - Les électeurs semblent vouloir donner une large majorité au Parti socialiste...

Le PS a la majorité absolue
Avant le premier tour, c’était un vœu quasi pieux et les socialistes se félicitaient par avance de leur majorité qui serait «diverse», avec les écolos et les membres du Front de gauche. Mais après ce premier tout plutôt très satisfaisant pour le PS, les socialistes estiment que la majorité absolue est à portée de main. Ce qui permettrait au gouvernement de se passer de turbulents alliés que pourraient être les écologistes et les membres du Front de gauche. D’après une projection de l’Ifop, le PS avec le MRC et le PRG obtiendrait entre 297 et 332 sièges sur un total de 577, alors que le seuil de la majorité absolue est à 289 députés. Seule épine dans le pied du parti présidentiel: le cas de Ségolène Royal. A La Rochelle, tous les sondages la donnent battue par le dissident socialiste Olivier Falorni. Un duel qui sera regardé encore plus scruté à la loupe après le tweetgate…

L’UMP n’y croit plus
Le parti de Jean-François Copé veut limiter la casse. Avant le premier tour, il pouvait encore rêver à une cohabitation ou encore une défaite très honorable. Là, l’UMP veut juste sauver ses places fortes et ses ténors, dont certains sont en grande difficulté, à l’image de Nadine Morano à Toul (Moselle) et de Nathalie Kosciusko-Morizet à Longjumeau (Essonne). Il faudra aussi surveiller les triangulaires avec le FN – 32 cas – qui pourraient envoyer des UMP au tapis. D’après les projections de l’Ifop,  la droite (UMP, Nouveau centre et Parti radical valoisien) obtient entre 210 et 277 sièges. Un étiage très bas par rapport, évidemment, à 2007 (343 sièges) mais même en deçà de 1997, après la dissolution, où la droite avait remporté 253 sièges.

Le Modem joue sa survie
Le MoDem avait trois députés et il pourrait bien n’en avoir plus du tout. Le cas le plus préoccupant pour le parti est bien sûr celui de son leader, François Bayrou. Dans la deuxième circonscription des Pyrénées-Atlantiques, avec ses 23,63%  il est bien mal embarqué dans sa triangulaire avec la socialiste Nathalie Chabanne, arrivée en tête avec 34,9% et l’UMP Eric Saubatte (21,73%). Elu depuis 1986 dans cette circonscription, ce serait un coup de tonnerre pour l’ancien candidat à la présidentielle. Le cas de son compagnon de route, Jean Lassalle, dans la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques se présente un peu mieux. D’autant que le député sortant du MoDem fait dire que lui a voté Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle. Du coup, l’UMP, pas qualifié pour le second tour appelle à voter pour lui. Il accuse tout de même presque cinq points de retard par rapport au candidat PS. A La Réunion enfin, la députée sortante MoDem Nassimah Dindar  en appelle aux voix de l’UMP pour rattraper son retard de 20 points sur le socialiste… A l’issue de ces législatives, une réflexion devrait s’engager sur l’avenir du parti centriste et la recomposition plus globale du centre.

Europe Ecologie-Les Verts rêve d’un groupe
C’est tout l’enjeu de ce second tour: EELV passera-t-elle la barre des quinze députés nécessaires pour avoir un groupe? Toute la stratégie de la direction du parti – accord électoraux et donc programmatique avec le PS – tient dans cet objectif jamais atteint pour le mouvement. Avant le premier tour, les écologistes y croyaient dur comme fer mais les dissidents socialistes en guerre contre l’accord EELV-PS leur a fait mordre la poussière dans une dizaine de circonscriptions, leur faisant perdre probablement 8 sièges au final. L’Ifop estime qu’EELV pourrait recueillir entre 13 et 20 sièges. Les écologistes tablent donc sur l’hypothèse haute.

Le Front de gauche a la gueule de bois
Ils ne font même pas semblant: le seuil des 15 députés minimum ne sera pas atteint dimanche soir. Une régression pour l’alliance du PCF et du PG qui comptaient 19 députés à l’Assemblée et qui a vu tomber dimanche dernier ses figures les plus connues, comme Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, battus sèchement, ou forcés de retirés leur candidature comme Jean-Pierre Brard et Roland Muzeau, arrivés second derrière des socialistes… Bref, si le Front de gauche a dix députés, ce sera un super score. Et déjà, Pierre Laurent, le patron du PCF réclame l’abaissement du seuil du groupe à dix parlementaires. Alors même que certains estiment que cette barrière ne sera pas forcément atteinte. L’Ifop lui donnerait entre 8 et 10 sièges.

Le FN croit en sa dynamique
«Un député, ce sera un succès. Si on en a deux un triomphe, et dix, une révolution»,expliquait Marine Le Pen avant le premier tour. Avant le premier tour, l’élection d’un député frontiste semblait être  un objectif atteignable pour le parti frontiste. Finalement, le FN a fait de très bons scores dans plusieurs circonscriptions et pourrait remporter jusqu’à trois sièges de députés. Il y a la mieux placée, la petite fille de Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal Le Pen dans la 3e circonscription du Vaucluse. Un sondage la donne gagnante de la triangulaire, où la candidate socialiste a refusé de se désister au profit de l’UMP, malgré les consignes du PS. Dans le Gard, Gilbert Collard est également bien placé dans sa triangulaires dans le Gard et Marine Le Pen, à Hénin-Beaumont, a une chance de l’emporter si les reports de voix entre le Front de gauche et le PS se font mal.

Maud Pierron
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