Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, le 13 juin 2012 à Paris.
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, le 13 juin 2012 à Paris. - WITT/SIPA

Anne-Laëtitia Béraud

A quelques jours du scrutin du second tour des élections législatives, où l’UMP tente de limiter une défaite annoncée, le parti orphelin de Nicolas Sarkozy se cherche des stratégies pour se reconstruire et attaquer ses adversaires socialistes.

Si «l’heure est à la mobilisation pour les législatives», répète Jean-François Copé ce mercredi lors de la conférence de presse hebdomadaire du parti, le secrétaire général de l’UMP pense aussi à l’après-scrutin. «J’ai proposé une ligne stratégique qui sera débattue mais qui je le sais, fait déjà une quasi unanimité au sein du parti politique», lance celui qui aimerait prendre la présidence du parti à l’automne.

Cette ligne stratégique, mise en place «au lendemain des législatives», se caractériserait par «le plus grand plan de recrutement jamais réalisé par un parti politique (…) afin de s’engager dans la reconquête des territoires perdus en vue de 2014». Ce recrutement s’accompagnerait d’«un grand travail de réflexion programmatique, avec la mise en place des mouvements de sensibilités différentes au sein de l’UMP, sur la base d’un socle de valeurs communes», détaille le responsable. Le but: «Que tout ça se reconfigure» pour donner naissance à «un grand parti de droite et de centre droit qui puisse incarner tout le spectre programmatique». L’UMP nouvelle version continuera à ne pas faire d’alliance avec le Front national, «mais on ne va pas s’interdire de parler de tous les sujets qui intéressent les Français». Car «l’ennemi de l’UMP, c’est le politiquement correct», affirme Jean-François Copé.

«Cette normalité est un poison à diffusion lente pour François Hollande»

Dans les coulisses de l’UMP, on affirme aussi que la reconquête de la France passera également par le démontage de «la présidence normale» proposée par François Hollande, qui a participé à sa victoire le 6 mai. «Cet argument démagogique de la normalité est un poison à diffusion lente pour François Hollande. Petit à petit, polémique après polémique, il va perdre des points, car ce qu’il a vendu est intenable», affirme un conseiller. «François Hollande promettait de ne pas s’impliquer dans les élections, dans les relations entre partis. Avec le tweet de Valérie Trierweiler, qu’est-ce que fait François Hollande? Il y va. C’est l’une de ses premières transgressions, un mois et six jours après son entrée en fonction», continue un autre.

Les exemples de cette «normalité intenable» abondent selon eux. Le Président préfère habiter son logement personnel dans le 15e arrondissement de Paris plutôt qu’habiter à l’Elysée? «Le quartier est complètement bouclé, les personnels mobilisés. Si une urgence survient, il n’est pas immédiatement disponible», répond-on. Le Président prend le TGV plutôt qu’un avion présidentiel? «Imaginez son train bloqué sur les voies. On enverra un hélicoptère de secours en cas de retard?» ironise-t-on. Le «poison» de cette «normalité» bénéficiera à la droite pour les prochaines échéances électorales, se persuade-t-on à l’UMP. «Il faut que cela se diffuse, qu’il y ait maturation. Cela prendra peut-être du temps mais cela viendra», conclut-on.

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