Valérie Trierweiler et François Hollande, le 9 juin 2012 à Tulle, en Corrèze.
 Valérie Trierweiler et François Hollande, le 9 juin 2012 à Tulle, en Corrèze. - B. Langlois/ REUTERS

Enora Ollivier

Valérie Trierweiler assume son tweet de mardi...

Valérie Trierweiler ne regrette rien. La compagne de François Hollande a eu un échange avec une journaliste de RTL mardi soir, lors duquel elle a indiqué assumer son tweet de soutien à l’adversaire de Ségolène Royal. Valérie Trierweiler juge par ailleurs «démesurées» les réactions suscitées par son message d’encouragement à Olivier Falorni. Le «déferlement» contre lui est «injuste», estime-t-elle, car il est «l’un des plus anciens et solides soutiens de François Hollande».

Ainsi, le traiter de «Besson», en référence à celui qui avait quitté le Parti socialiste pour rejoindre l’UMP en 2007, est «inadmissible»: «Il n’est pas moins socialiste qu’un autre», assure-t-elle. La presse a évoqué une réaction épidermique, après la publication d’un mot de soutien de François Hollande sur la profession de foi de son ex-compagne Ségolène Royal? Valérie Trierweiler rejette cette explication. «Il est idiot de parler de jalousie dans cette affaire», affirme-t-elle, jurant qu’il n’y a pas «d’interférence entre vie publique et vie privée».

... mais pas celui de mercredi

Ce mercredi vers 18 heuresun nouveau tweet a été publié sur le compte de Valérie Trierweiler. Ce premier tweet depuis celui de mardi était un simple lien vers un article de Rue89, qui renvoie lui même à un article du Monde, racontant que la compagne de François Hollande a demandé de retirer deux photos du diaporama retraçant le making-of du portrait officiel du président de la République, où elle apparaît. Ce que le quotidien a refusé de faire. La «twittosphère» s'est alors interrogée de longues minutes quant à la signification de ce tweet. Mais, moins d'une heure après, Valérie Trierweiler a fait savoir à l'AFP que son compte avait été «apparemment piraté» ce mercredi.

Le PS entre embarras et agacement…

Ce mercredi matin, Claude Bartolone a jugé que Valérie Trierweiler avait commis une «faute» en publiant son tweet de soutien à Olivier Falorni, tandis que Marisol Touraine voyait dans ce message «un positionnement privé». «Il faut qu'elle apprenne à tenir la place qui est la sienne, c'est-à-dire la réserve», a de son côté estimé François Rebsamen. «Je pense que c'est un rôle discret qui doit être le sien, et qui n'est pas facile à trouver. Chacun doit être à sa place», a tranché Jean-Marc Ayrault.

…La droite s’interroge sur le statut de la compagne de Hollande

«Cette affaire ridiculise notre pays, ridiculise le chef de l'Etat», a affirmé Eric Ciotti, président UMP du conseil général des Alpes-Maritimes. «On est dans une situation ubuesque, ridicule, qui affaiblit la fonction de chef de l'Etat», a-t-il insisté. «Ce qui pose problème c’est le statut», a jugé de son côté Nathalie Kosciusko-Morizzet. «C'est-à-dire qu’on ne sait pas si Valérie Trierweiler s’exprime comme compagne du président de la République, comme militante socialiste ou comme journaliste engagée», a-t-elle poursuivi. «Si demain on a la même confusion pour un sujet majeur pour la France, pour l’image de la France dans le monde, il se passe quoi?» a-t-elle demandé. «Cela nous met pour beaucoup très mal à l'aise», a déclaré Jean-François Copé, soutenant que «les Français devaient être dans l'effarement».

Ségolène Royal donnée largement battue à La Rochelle

Selon un sondage Ifop réalisé avant et après la publication du tweet de Valérie Trierweiler, Ségolène Royal n’obtiendrait que 42% des voix dimanche, tandis qu’Olivier Falorni en recueillerait 58%. Le candidat dissident bénéficierait d’un fort report des voix de l’UMP, puisque 82% des électeurs de droite voteraient pour lui.

Jean-François Copé va demander d’exclusion de Roland Chassain

Le secrétaire général de l'ex-parti majoritaire va demander au bureau politique de l'UMP d'exclure Roland Chassain, qui a retiré sa candidature dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, au profit du Front national. «On en parlera mercredi prochain. Moi je défendrai tout à fait cette idée, clairement, d'exclusion», a déclaré Jean-François Copé lors d’un point presse.

Pour Fillon, «les valeurs de Mme Morano, ce ne sont pas les valeurs du FN»

François Fillon s'est rendu à Toul ce mercredi matin pour soutenir Nadine Morano, candidate dans la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle, au lendemain d'une interview donnée à l'hebdomadaire d'extrême droite Minute et trois jours après l’appel de l’ex-ministre à l'électorat FN. «J'ai regardé ce que Mme Morano a dit, elle a dit qu'il y avait beaucoup d'électeurs qui ont voté FN qui partageaient les valeurs de Mme Morano. Et les valeurs de Mme Morano, ce ne sont pas les valeurs du FN», a déclaré l’ancien Premier ministre à la presse. «Ça nous est déjà arrivé d'avoir quelques frictions (...) mais c'est quelqu'un d'efficace», a-t-il poursuivi, soulignant que «ce qui compte, c'est le fond». «Si Nadine Morano avait dit ce qui est rapporté ici ou là, je ne serais pas là à ses côtés pour la soutenir», a-t-il conclu.