Trierweiler rappelée à l'ordre par les socialistes

28 contributions
Publié le 13 juin 2012.

POLITIQUE - Et certains, à droite, réclament un statut de la première dame...

Après la stupéfaction, la mise au point. Si mardi tous les commentateurs réclamaient le «triple off» pour parler du fameux tweet de Valérie Trierweiler, ce mercredi les bouches se sont déliées. Sur Canal+, Claude Bartolone, y est allé sans détour: en apportant sur Twitter son soutien au dissident de Ségolène Royal, Olivier Falorni, la première dame a commis une «faute», insistant sur le fait que «tout ce qui nous fait sortir de la trace de la campagne électorale, c'est bon pour l'abstention et c'est bon pour l'opposition». Et le patron du Conseil général du 93 d’ajouter: «Un tweet ça va, deux tweets, bonjour les dégâts!»

Sur France Info, c’est François Rebsamen, un proche de François Hollande, qui appelle également la première dame à «la réserve». «C'est un message personnel qui répond a des considérations personnelles alors même qu'il faut, je crois, qu'elle prenne la réserve qui doit être la sienne en tant que compagne du président de la République», a expliqué le sénateur-maire de Dijon, estimant qu’elle était sortie de son rôle. «Il faut qu'elle apprenne à tenir la place qui est la sienne, c'est-à-dire la réserve», a insisté celui qui avait co-dirigé la campagne de Ségolène Royal.  Sur France Inter, Marisol Touraine s’est montrée plus réservée, estimant que ce tweet relève d’ «un sentiment privé». «Cette affaire prend des proportions déplacées», note-t-elle, ajoutant: «j'imagine qu'elle réfléchira à la façon dont elle entend s'exprimer» à l'avenir.

Ollier veut un statut de la première dame

En revanche, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a clairement donné son point de vue. Si mardi, le chef du gouvernement - et proche parmi les proches du chef de l’Etat - s’était contenté de réaffirmer très fortement son soutien et celui du Président à la candidature de Ségolène Royal, ce mercredi, il a carrément fait la leçon à Valérie Trierweiler, lui demandant de tenir «un rôle discret». Une situation pour le moins extraordinaire, au sens littéral du terme.

Du coup, certains élus, à droite surtout, commencent à réclamer un statut légal pour la première dame. «Parce que le législateur doit se mettre au rythme de la société, il faut une loi organique pour définir le statut de première dame de France», a explique dans un communiqué Patrick Ollier, candidat aux législatives dans les Hauts-de-Seine. «Comment pourrions-nous tolérer une prise de position contradictoire de la compagne du président de la République sur un sujet international par exemple, alors que seul ce dernier porte la voix de la France?», interroge-t-il. Et de conclure: «La leçon à tirer de cette faute» est qu'il est «nécessaire de donner un statut légal à l'épouse ou époux, en tout cas au conjoint, du président de la République».

Trierweiler assume

«Le mélange des questions personnelles et des questions politiques, de l'affect et de la politique, n'est jamais une bonne chose», a estimé Nathalie Kosciusko-Morizet sur BFM-TV RMC. «Ce qui pose problème, c'est le statut», a relevé l’ex-porte-parole de Nicolas Sarkozy. «On ne sait pas si Valérie Trierweiler s'exprime comme compagne du président de la République, s'exprime comme militante socialiste ou s'exprime comme journaliste engagée», développe-t-elle. «Si demain, on a la même confusion sur un sujet majeur pour la France, pour l'image de la France dans le monde, il se passe quoi? (…) Il faut sortir de cette espèce d'ambiguïté que je trouve un peu malsaine», a-t-elle réclamé. Jean-François Copé, lui, était beaucoup plus soft: «Sur cette question je n’ai pas d’avis, je ne sais pas quoi en penser. Cependant, cette question n’est pas un sujet institutionnel, c’est un sujet politique, voire people.»

Valérie Trierweiler, elle, assume et trouve les réactions à son tweet «démesurées», selon des propos rapportés par RTL. Signe peut-être qu’elle n’a pas tout a fait apprivoisé son nouveau rôle depuis le 6 mai qui fait que sa parole, quoiqu’elle en pense, a pris un autre poids.

Maud Pierron
publicité
publicité
publicité

publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr