François Hollande et Valérie Trierweiler à Tulle, en Corrèze, le 9 juin 2012.
François Hollande et Valérie Trierweiler à Tulle, en Corrèze, le 9 juin 2012. - BERTRAND LANGLOIS / POOL / AFP

Matthieu Goar

Très discrets jusque-là, François Hollande et Valérie Trierweiler ont fait une entrée fracassante, mardi, dans la campagne des législatives en se mêlant à la bataille fratricide de La Rochelle. De façon opposée. Le chef de l’Etat a en effet signé un mot de soutien à Ségolène Royal et sa compagne a posté un tweet d’encouragement à Olivier Falorni, le dissident qui veut faire tomber l’ancienne concubine de… Hollande.

Le petit monde se répand en rumeurs

Du pain béni pour le petit monde politique qui s’est répandu en rumeurs toute la journée. Royal n’aurait pas demandé à Hollande son autorisation avant de publier un mot de soutien du Président ? «Faux, indique une source élyséenne. Hollande a validé le mot proposé.» Depuis le début de la campagne, c’est la première fois que le chef de l’Etat apporte un soutien aussi franc à un candidat. Hollande s’était jusque-là contenté de propos généraux, demandant aux électeurs de lui apporter «une majorité». Régime de faveur pour Royal? «Non, il le fera pour tous les candidats qui sollicitent son soutien»,poursuit la même source.

Les conseillers se réunissent

Autre rumeur: Trierweiler aurait eu l’accord du chef de l’Etat pour soutenir Falorni? Certains vont même jusqu’à imaginer un coup à trois bandes où les socialistes enverraient Trierweiler au front pour nuire à Royal. «Elle n’a prévenu personne de ce message. Il ne s’agit pas d’intervenir sur des questions politiques mais d’adresser un message d’encouragement à quelqu’un qu’elle connaît bien», explique un collaborateur de Trierweiler qui entretient des liens d’amitié avec le candidat dissident avec qui elle a partagé des moments à La Rochelle en compagnie de Hollande. Le dissident est en effet un soutien indéfectible du Président qu’il conduisait parfois lors des universités d’été de La Rochelle et dont il a affiché une photo sur son tract.

Difficile pourtant de penser que Trierweiler ne savait pas quelles seraient les répercussions politiques de son message. «Elle s’en rendait sûrement compte, mais elle tient à garder une parole libre», poursuit cette source. Devant les conséquences de ce message, les conseillers de Hollande et Trierweiler se sont d’ailleurs réunis à l’Elysée pendant un quart d’heure pour caler la communication et les éléments de langage à mettre en place: le tweet est un message privé d’une femme libre qui pourra continuer à dire ce qu’elle veut dans une «conception moderne du couple». «Danièle Mitterrand avait eu des opinions qui allaient contre ce que pensait l’Elysée, et sur des sujets bien plus importants comme la diplomatie avec Cuba», glisse un socialiste...