Législatives: Le PS se mobilise pour sauver Ségolène Royal à La Rochelle

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Publié le 12 juin 2012.

POLITIQUE - La présidente de la région Poitou-Charentes est engagée dans un duel à hauts risques face à un dissident PS qui refuse de retirer sa candidature...

C’est le sujet de ce lundi matin: comment sauver le soldat Ségolène Royal? La présidente de la Région Poitou-Charentes est arrivée en tête à La Rochelle, talonnée par un candidat dissident, Olivier Falorni, qui a les faveurs de la droite, éliminée de toute façon du second tour. Sur Europe 1, Bruno Le Roux a appelé Olivier Falorni à retirer sa candidature. «Olivier Falorni se ferait élire avec un autre électorat que celui de gauche», a fait valoir ce très proche de Hollande. Sur i-Télé, Harlem Désir, le n°2 du PS, a appelé le dissident PS à «ne pas empêcher que la voix de Ségolène Royal puisse s'exprimer à l'Assemblée».

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Et Martine Aubry en a remis une couche lors d’une conférence de presse en fin de matinée: le désistement pour un candidat de gauche arrivé derrière un autre candidat de gauche, «c’est la règle générale», a-t-elle rappelé. Et surtout, «cette candidate n’est pas n’importe qui», c’est «la présidente de la Région Poitou-Charentes» et «l’ancienne candidate à la présidentielle». Enfin, a-t-elle fait la leçon, comme ses camarades, «quand on est de gauche, on ne va pas essayer de battre une camarade avec les voix de la droite». Ségolène Royal elle-même, a appelé les électeurs de gauche «à ne pas mélanger leurs voix aux voix sarkozystes». «Si Olivier Falorni empêchait @RoyalSegolene d'être élue, il ferait une faute qui entacherait toute sa vie politique», tance déjà la ministre Michèle Delaunay sur Twitter.

Car déjà l’UMP locale se frotte les mains: Dominique Bussereau, président du conseil général de Charente-Maritime, a appelé clairement à voter pour Olivier Falorni. «J’appelle à faire barrage à une candidate qui n’est pas du terrain et à voter pour le candidat du terrain, même si je ne partage pas ses idées. Olivier Falorni est un garçon courageux, sérieux et il mérite que les électeurs lui fassent confiance», a-t-il longuement développé sur BFM TV lundi matin. Un soutien intéressé pour la droite qui voit plus loin: elle veut enrayer la progression de la gauche dans la région. «Ils pensent que c’est les régionales qui se jouent et veulent dégager le terrain», souffle un cacique socialiste.

Une situation «inextricable»

Pourtant, Olivier Falorni, patron de la fédération socialiste jusqu’à son exclusion récente pour dissidence, ne lâchera rien. Sa candidature est «irrévocable», a-t-il insisté lundi auprès de l’AFP. «Recevoir des ordres  d’un appareil parisien qui m’a déjà exclu de manière expéditive, c’est quand même fort de café», raille le dissident, joint par 20 Minutes.

A 40 ans, celui qui a soutenu François Hollande est «amer» que l’actuel président ne l’ait pas soutenu, raconte un socialiste. «Même une voiture de fonction avec un gyrophare ne suffira pas», note cyniquement un autre socialsite, imaginant un marchandage de toute façon impossible en une semaine. Le «feuilleton Falorni»  - l’expression est de ce même socialiste – ne fait que commencer.

Hollande peut-il se mouiller?

Si François Hollande ne peut pas se mouiller pour donner un coup de pouce à son ex-compagne puisqu’il a promis qu’élu, il ne s’occuperait pas des affaires internes du PS, «d’autres peuvent faire passer des messages», au delà des nombreux appels officiels à son désistement, explique-t-on rue de Solférino. Déjà, il faut «montrer l’enjeu aux électeurs», ce qui passe par une démonstration en trois points: Royal n’est pas une parachutée puisqu’elle est présidente de la région, le PS a besoin d’elle au Parlement et si elle n’est pas retournée dans sa circonscription d’origine, c’est qu’elle a eu «l’élégance» de la laisser à Delphine Batho.

Et puis, il faudra essayer de discuter avec Olivier Falorni.  «Il a atteint son but, il a montré qu’il avait une bonne implantation locale, ce qui peut lui être utile lors des prochaines municipales. Mais s’il continue, il va abîmer son image. S’il avait l’élégance de se retirer, il pourrait être réintégré à la fédération locale», liste un cadre du PS. Voire être en lice pour l’étiquette PS lors de la prochaine régionale, puisque Ségolène Royal devra bien choisir, si la loi sur le non-cumul des mandats est bien votée comme l’a promis Hollande, et qu’elle choisirait l’Assemblée. Mais pour Royal, déjà ébranlée par sa large défaite aux primaires socialistes, ce serait une victoire à la Pyrrhus, peu glorieuse, sans adversaire et sauvée par Paris. Bref, une situation «inextricable», résumait dimanche soir un ténor du PS.

Maud Pierron
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