Jean-François Copé durant une convention UMP sur l'éducation, le 8 novembre 2011.
Jean-François Copé durant une convention UMP sur l'éducation, le 8 novembre 2011. - WITT/SIPA

Alexandre Sulzer

«Pas question de voter FN, pas question de voter pour un candidat socialiste» puisque le PS a fait «le choix d'une alliance avec le Front de gauche». C'est en renvoyant FN et Front de gauche dos-à-dos que Jean-François Copé a justifié sa stratégie du «ni-ni» pour le second tour des législatives. En clair, une neutralité absolue en cas de duel FN-gauche et maintien du candidat UMP en cas de triangulaire.

Cette ligne avait déjà été décidée par Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé pour les cantonales de 2011. Et avait fait alors l'objet d'un vif débat, François Fillon et Nathalie Kosziusko-Morizet appelant, eux, à faire battre le FN. Cette année, se félicite l'entourage de Jean-François Copé, personne n'a émis de protestation contre le «ni-ni», lors du bureau politique lundi. Pas même Fillon, pourtant présent, insiste la direction de l'UMP. «Et il y a 150 témoins», se délecte l'entourage du secrétaire général de l'UMP, fier d'avoir imposé sa ligne à l'ancien Premier ministre. Quid de la règle républicaine qui prévalait jusqu'alors et qui voulait que la droite républicaine appelle au barrage contre le FN? «Le politiquement correct l'emportait sur la réalité du terrain», s'est justifié Jean-François Copé.

Flou dans le Sud de la France

Localement, la ligne de l’UMP est contestée. Dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, l’UMP Roland Chassain a annoncé qu'il se retirait alors qu'il pouvait se maintenir. Ce qui devrait faciliter l'élection de la candidate frontiste Valérie Laupies (28,98%) face au socialiste Michel Vauzelle (38,40%).

Un scénario qui ne rebute pas les sympathisants. Selon un sondage Ipsos pour France Télévisions, Radio France, Le Monde et Le Point, deux tiers des électeurs UMP sont pour un accord de désistement mutuel entre un candidat de droite et un candidat du FN quand il s'agit de battre la gauche au second tour.

Jean-François Copé, que l'évocation de cette circonscription énerve au plus haut point («c'est très typique de l'état d'esprit qui règne à Paris»), «condamne naturellement cette position». Mais aucune sanction n'a été évoquée au bureau politique qui se tenait avant que le choix de Roland Chassain ne soit connu. Cette prise de position «donnera lieu à une décision» la semaine prochaine.

Même scénario pour le député sortant du Gard Etienne Mourrut qui n’excluait pas lundi soir de se désister au profit du FN Gilbert Collard, en ballotage favorable, pour faire barrage à la gauche. «Je rencontre des militants, des amis et des élus pour y réfléchir, confie-t-il à 20 Minutes. La décision m'appartient. Elle n'appartient pas à Jean-François Copé», prévient celui qui annoncera son choix définitif mardi. 

Le FN dit vouloir se maintenir

De son côté, Marine Le Pen a annoncé que le FN se maintiendra dans les 61 circonscriptions où il est présent au second tour et, notamment, dans 32 triangulaires. Ce qui semble exclure des arrangements au cas par cas. Une hypothèse un temps envisagé par le parti d’extrême droite. Ce qui ne fait pas l’affaire de certains candidats UMP. Le député sortant Fernand Siré dans la 2e circonscription des Pyrénées-Orientales voit sa réélection compromise sans soutien du FN, en capacité de se maintenir au second tour. «Je n’ai pas eu de contacts avec Irina Kortanek [la candidate FN] mais si elle décidait de me soutenir, je ne vois pas pourquoi je serais contre. Nous avons des positions communes sur de nombreux sujets comme l’immigration ou le droit de vote des étrangers», indique-t-il à 20 Minutes. Pas d’alliances donc mais de sacrées œillades.