Cécile Duflot (Europe Ecologie Les Verts) sort d'un bureau de vote à Paris le 10 juin 2012 lors du premier tour des législatives.
Cécile Duflot (Europe Ecologie Les Verts) sort d'un bureau de vote à Paris le 10 juin 2012 lors du premier tour des législatives. - R. YAGHOBZADEH / SIPA

William Molinié

De maigres applaudissements, quelques hourras d'encouragement mais relativement mesurés. A 20h, la trentaine de militants présents à la Chocolaterie - le siège d'Europe-Ecologie Les Verts dans le 10e - n'ont pas sauté de joie. Sur l'écran de télévision, les estimations donnent entre 8 et 14 sièges de députés pour le parti. Quoiqu'il en soit pas assez pour constituer un groupe à l'Assemblée Nationale - il en faut au minimum 15.

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«Allez, ce ne sont que des estimations. On va l'avoir le groupe!», tente, après un long silence, Karima Delli, eurodéputée.«Je suis surtout triste de la faible participation et de la mobilisation», poursuit-elle, relevant tout de même que le nombre d'élus EELV étaient de trois jusqu'à présent. D'autant que l'accord avec le PS (qui s'est retiré d'une soixantaine de circonscriptions au profit d'EELV) était plutôt favorable aux Verts.

 Mais à mesure que les estimations tombent, le sourrire revient. Les instituts de sondage donnent peu avant 21h de 12 à 20 sièges. Cécile Duflot fait bonne figure sur les plateaux télé. «Je dois être, évidemment, plutôt heureuse du score des écologistes ce soir qui sont en net progrès, mais évidemment que le résultat ne sera mesurable très réellement que la semaine prochaine», lâche la ministre du Logement sur TF1. Des résultats (plus de 5%) bien meilleurs que ceux d'Eva Joly à la présidentielle (2,3%) et que le score aux législatives de 2007 (3,5%).

«Passer dans la cour des grands»

Vers 21h30, la patronne d'EELV, par ailleurs candidate à Paris, arrive à la Chocolaterie, rue Chaudron (10e). «Je ne suis pas satisfaite. Mais je suis optimiste car le score des écolos est au-dessus de 5%. On savait que c'était un objectif ambitieux mais j'espère qu'on aura un groupe», poursuit Cécile Duflot. Au-delà du nombre de sièges à l'Assemblée, qui reste pour l'heure incertain, EELV est sûr de renflouer les caisses du parti, après une présidentielle coûteuse.

Un premier tour mi-figue mi-raison donc pour les Verts, d'autant que les écolos se retrouvent troisième force à gauche du pays, derrière le Front de gauche, bien loin des 16% des élections européennes en 2009 ou des 12,5% aux régionales en 2010. «Le groupe, je suis confiant, c'est sûr on va l'avoir. C'est le moment où jamais car l'accord avec le PS nous met dans une situation très confortable», analyse un militant. Le dénouement pour le parti sortira des urnes dimanche prochain. «J'espère qu'on passera enfin dans la cour des grands», conclut ce militant.