Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) le 4 juin 2012.
Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) le 4 juin 2012. - BAZIZ CHIBANE/SIPA

Matthieu Goar et Alexandre Sulzer

Au soir du second tour de l’élection présidentielle, de nombreux candidats aux législatives se sont jetés sur leurs calculatrices. Et certains ont pris une bonne migraine en constatant le score du FN. Marine Le Pen est en effet arrivée en tête ou en deuxième position dans 116 des 577 circonscriptions au soir du 6 mai. Ce qui laissait augurer un grand nombre de triangulaires et de duels avec le FN.

Sauf que l’abstention va peser lourd dans le premier tour des législatives du FN, un scrutin où l’on ne peut se maintenir uniquement si l’on réalise un score supérieur à 12,5% des inscrits et non des votants. L’institut Harris interactive a réalisé pour Le Figaro une étude en croisant différentes hypothèses d’abstention et différents scores nationaux du FN. Si le Front national faisait un score moyen de 12-13% avec une abstention forte de 44%, un seul candidat FN arriverait à se maintenir. Si le score du FN atteignait 16-18 % avec une participation très forte pour une législative de 72%, 225 candidats se maintiendraient.

Entre 10 et 80 frontistes au second tour

Une deuxième hypothèse impossible. Selon l’ensemble des instituts, le premier tour de dimanche devrait être marqué par une abstention forte, aux alentours de 40%. Et le FN réalise traditionnellement un moins bon score aux législatives qu’à la présidentielle. Dans le dernier sondage CSA pour 20 minutes, le FN était ainsi mesuré à 14%. Dans ce cas-là, le parti des Le Pen arriverait à se maintenir au second tour dans 60 à 80 circonscriptions. Le Cevipof est plus pessimiste encore pour le FN et évoque seulement de 10 à 40 circonscriptions où le Front pourrait se maintenir.

Comment le PS et l’UMP vont-ils réagir?

Ce qui est sûr, c’est que les deux grands partis, le PS et l’UMP, devront se poser la question de leur attitude en cas de triangulaires ou de duels (se retirer en appelant à voter pour le parti républicain en cas de triangulaire, par exemple). Dans les états-majors, on attend le soir du premier tour pour donner sa position. Ainsi Martine Aubry, se prononce pour un Front républicain tout en préférant attendre les résultats du 10 juin. «Nous regarderons (à ce moment-là) circonscription par circonscription. Là où il y aura un risque que le Front national soit élu, nous appliquerons le désistement républicain. Là où il n’y a pas de risque, nous maintiendrons notre candidat. C’est une règle simple…», a expliqué la Première secrétaire à 20 minutes, le 23 mai dernier. A l’UMP, contacté par 20 minutes jeudi matin, on dit également attendre le Bureau politique de lundi pour déterminer sa position.

Les partis face aux attitudes locales

Les patrons de l’UMP et du PS savent bien qu’ils devront gérer des enjeux locaux où les consignes de désistement ou d’appel au vote ne seront pas toujours respectées. «Un Front républicain avec la droite populaire, vous rigolez?.. » a lancé à 20 minutes une candidate PS du Vaucluse interrogée sur son attitude en cas de duel UMP-PS. Idem du côté de l’UMP. «Ma position est très claire. Il suffit de lire mes propositions pour voir que je suis plus proche de Marine Le Pen que du PS. Si Mme Laupies (Valérie Laupies, candidate du FN, ndlr) est en mesure de gagner, il n'y aura pas de front républicain. Pour moi, c'est tout sauf Vauzelle!», a lancé, mercredi, Roland Chassain, candidat UMP dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône. Contactés par 20 minutes, jeudi matin, trois candidats de la droite populaire ont refusé de condamner ces propos.