Gilbert Collard, candidat du Rassemblement Bleu Marine aux législatives dans le Gard, à Gallician, le 11 mai 2012.
Gilbert Collard, candidat du Rassemblement Bleu Marine aux législatives dans le Gard, à Gallician, le 11 mai 2012. - SYLVAIN THOMAS / AFP

Alexandre Sulzer

De notre envoyé spécial à Vauvert (Gard)

Lunettes de soleil sur le nez, chemise et veste… bleues marine, Gilbert Collard arrive, en mode décontracté, sur le marché de Vauvert. Ignorant sa rivale socialiste, Katy Guyot, il s’assied à la terrasse d’un café et se fume un cigarillo.

«Je suis le candidat de Marine Le Pen, pas de Jean-Marie Le Pen»

«Je n’aime pas tracter, j’ai l’impression de déranger. Je préfère m’installer et que les gens viennent vers moi, confie-t-il. La notoriété aide.» Et c’est bien sur sa célébrité que le médiatique avocat et candidat du Rassemblement Bleu Marine (FN) compte être élu dans la 2e circonscription du Gard.

Avec un FN à 28,87% au premier tour de la présidentielle, il a ses chances face au député UMP sortant, Etienne Mourrut, 72 ans, dont le parti est arrivé en seconde position le 22 avril (26,64%). «Être candidat, c’est presque un travail d’avocat. Les gens viennent se plaindre, il faut les écouter», glisse Gilbert Collard, qui s’enorgueillit de tenir une réunion publique dans chaque commune de la circonscription. «Ils se plaignent de l’insécurité, de la fissure de leur identité», poursuit celui qui dit être un «farouche partisan de la préférence nationale depuis toujours».

Mais l’ancien adhérent du PS revendique aussi des divergences avec la ligne du parti dont il n’a pas la carte. «Je suis contre la peine de mort, pense qu’il faut régulariser les sans-papiers présents depuis 30 ans et pas d’accord avec la notion d’avortement contraceptif. Je suis le candidat de Marine Le Pen, pas de Jean-Marie Le PenUn super VRP du marinisme? «J’essaie», répond-il avant de se lever enfin pour tracter. «Vous savez que j’habite ici?», interpelle-t-il une dame, en réponse à Katy Guyot, qui le dépeint comme un «grand bourgeois qui ne ressemble pas aux gens d’ici».

«Collard n’a jamais tenu de propos racistes»

Il reconnaît entendre dans la bouche des électeurs «des propos racistes». «J’y réagis, comme dans les meetings.» Jérôme, un vendeur de fenêtres, confie qu’il votera pour lui. «Il a mes idées. Sur l’immigration, on a que ceux que les autres ne veulent pas. Et puis, il se fera plus entendre que quelqu’un qui n’est pas connu.» Plus loin, à un café, un ancien encarté à l’UMP confie aussi qu’il glissera un bulletin Collard. «Je n’aurais jamais voté Jean-Marie Le Pen mais Collard n’a jamais tenu de propos racistes», se justifie cet anonyme, qui regrette qu’il n’y ait pas d’accord UMP-FN vu que «le FN a changé».

«On est pour le rapprochement au cas par cas», précise Gilbert Collard. «Mais ici, ce ne sera pas possible car je serai en tête», poursuit-il, sûr de lui. Et de promettre que s’il est élu, il sera au palais Bourbon un «casse-couilles démocratique».