Législatives: Pourquoi il n'y a pas de vague rose

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Publié le 1 juin 2012.

SONDAGE - Le PS devrait avoir une majorité relative...

Pas de doute: tous les sondages réalisés en vue des législatives donnent la gauche gagnante. Mais vu les étiages, on ne peut pas parler de «vague rose». Selon les sondages, le PS recueillerait 31% des voix (CSA pour 20 Minutes et BFM) ou 33% (BVA pour RTL), insuffisant pour avoir la majorité absolue à l’Assemblée, et la gauche dans son total (PS, EELV et FG) recueille 45% à 47%.

«Cette élection législative peut nous réserver des surprises», commente le politologue spécialiste de la gauche, Rémi Lefebvre, notamment en raison d’une abstention qui s’annonce importante. «Tout dépendra de la capacité de chaque camp à mobiliser ses troupes». Dans ces élections locales, il faut parfois une poignée de voix pour faire basculer une circonscription où l’implantation locale compte beaucoup et ne peut être calculée par les sondages nationaux. La droite, déjà fortement mobilisée à la présidentielle, «semble mobilisée pour cette élection», explique le professeur à l’Université de Reims. Alors qu’à gauche, dont une bonne partie de l’électorat appartient aux «couches populaires» semble «moins encline à voter une nouvelle fois et ne voit pas l’intérêt».

Et, note Rémi Lefebvre, il ne faut pas négliger «l’effet d’usure après une campagne très dure», débutée depuis un an avec les primaires socialistes. En bref, l’abstention devrait être assez importante, ce qui pourrait pour le coup limiter l’influence du FN. Un candidat ne peut se maintenir que s’il a obtenu 12,5% des voix des inscrits et non des seuls votants.

«Le PS n’a plus le punching-ball Nicolas Sarkozy»

Il faut aussi prendre en compte le redécoupage électoral réalisé par la droite au cours du quinquennat. L’UMP expliquait que le travail consistait à stabiliser des circonscriptions de gauche comme de droite mais le PS estimait qu’il faudrait désormais à la gauche 51,5% pour être majoritaire. 

La droite y croit ou fait semblant d’y croire. Elle peut sauver les meubles, surtout parce que «le PS n’a plus le punching-ball Nicolas Sarkozy» avec le retrait, au moins ponctuel, de l’ex-chef de l’Etat, un composant essentiel de la victoire de François Hollande», rappelle Rémi Lefebvre. «Le score annoncé pour le PS est plutôt bon», temporise Jérôme Sainte-Marie, directeur Opinion de CSA. «Il y a une volonté de confirmation de la victoire de la gauche», assure-t-il, rappelant que Hollande a été élu avec «un score serré».

Les deux experts notent que le gouvernement multiplie «les signes» à destination de «la gauche du PS» - de la hausse de l'Allocation rentrée scolaire à la limitation des salaires des grands patrons - pour justement les inciter à aller voter. Mais l’équation n’est pas si simple pour le gouvernement: «que le PS ait une majorité relative, avec l’appoint des écologistes, n’est pas dérangeant. Mais si le groupe du Front de gauche est le groupe charnière, c’est le cauchemar de Hollande et le rêve de Mélenchon», analyse Rémi Lefebvre. D’autant que cette fois, l’argument du vote utile ne peut plus être brandi. Paradoxalement, être sous la contrainte du FG «pourrait obliger le gouvernement à des ouvertures vers le centre pour se redonner de l’air», explique Jérôme Sainte-Marie.

Maud Pierron
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