Christiane Taubira lors des primaires socialistes à Paris, le 2 octobre 2011.
Christiane Taubira lors des primaires socialistes à Paris, le 2 octobre 2011. - JOHANNA LEGUERRE / AFP

Matthieu Goar

Il s’y était engagé, il a tenu parole. Sur les 34 postes de ministres ou de ministres délégués, 17 ont été confiés à des femmes. «C'est une première dans l'histoire de la République française que nous ayons un gouvernement totalement paritaire», s’est félicité Jean-Marc Ayrault invité du journal de France 2. Hollande avait déclaré dès le début mars que son gouvernement «comporterait autant d’hommes que de femmes» lors d’un entretien sur Europe 1. Engagement tenu.

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Parmi les femmes les plus exposées dans cette formation gouvernementale, Christiane Taubira, qui devient Garde des sceaux. Elle aura d’ailleurs à ses côtés, une autre femme, Delphine Batho, ministre déléguée à la Justice. Citons également Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, Cécile Duflot, ministre de l'Egalité des territoires et du Logement, Nicole Bricq, ministre de l'Ecologie, Aurélie Filipetti, ministre de la Culture et de la Communication, Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique ou encore Najat Vallaud-Belkacem, justement ministre des Droits des femmes. Jean-Marc Ayrault et François Hollande ont poussé la parité jusqu’au bout en nommant 9 femmes ministres de plein exercice. Exactement le même nombre que pour les hommes.

Les ministères régaliens à des hommes

Reste que les grands ministères régaliens (à part la justice) seront toujours dirigés par la gente masculine. Ainsi le Quai d’Orsay pour Fabius, Bercy pour Moscovici ou encore l’Intérieur pour Valls. Un fait que n’ont pas manqué d’anticiper certaines personnalités politiques comme Valérie Pécresse ce mercredi après-midi.

François Hollande avait déjà évoqué cette question. Le 8 mars, lors de la journée de la femme, il avait expliqué qu’avoir autant d'hommes que de femmes était à ses yeux «un bon principe, mais cela ne veut pas dire que les responsabilités seront les mêmes». Plus étonnant, lors d’un off révélé par Europe 1, le candidat avait expliqué les difficultés que la parité lui imposait: «Le plus compliqué avec la parité, ce n’est pas de trouver des femmes, mais d’écarter les hommes compétents», avait-il lâché avant le premier tour. Une phrase qui avait logiquement irrité des militants des droits des femmes.

En 2007, Nicolas Sarkozy et François Fillon avaient nommé  8 hommes et 7 femmes parmi les ministres. Et les femmes avaient hérité de postes importants comme Rachida Dati à la Justice, Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur ou encore Christine Lagarde à l'Economie. Par contre, les hommes avaient accaparé une grande partie des secrétariats d’Etat.