Gouvernement: Une formation paritaire en harmonie avec le PS

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Publié le 17 mai 2012.

DECRYPTAGE - «20 Minutes» passe le gouvernement du nouveau président au crible...

Un gouvernement paritaire qui respecte les équilibres du PS et de la gauche, voilà le cocktail proposé par François Hollande qui, en homme de synthèse, sait manier ces équilibres avec subtilité. La preuve.

>> La composition complète du gouvernement par ici

Des poids lourds aux postes importants

En coulisse, la bataille Pierre Moscovici et Laurent Fabius a agité les derniers jours de la formation du gouvernement. Finalement, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont tranché en contentant tout le monde puisque Laurent Fabius devient ministre des Affaires étrangères. Un poste qu’il convoitait depuis le début de la campagne pendant laquelle il a multiplié  les déplacements à l’étranger. Pierre Moscovici, l’ancien directeur de campagne, qui lorgnait aussi sur le Quai d’Orsay, hérite d’un des postes les plus importants en cette période de crise: ministre de l’Economie. Principale victime de cette bataille d’éléphants: Michel Sapin qui est transféré au Travail alors que Bercy lui était promis. Il avait même commencé à constituer son cabinet.

Les quadras devenus quinqua font leur entrée à des postes importants. Manuel Valls à l’Intérieur, un des postes qui n’a jamais été en balance même si François Rebsamen en rêvait. Arnaud Montebourg prendra en charge le Redressement productif, un des thèmes de sa campagne des primaires. Spécialiste des questions d’éducation, Vincent Peillon aura un rôle fondamental car il devra mener à bien l’un des principaux chantiers du chef de l’Etat: l’école et l’enseignement.

Le respect des équilibre du PS

Martine Aubry est la grande absente de ce gouvernement. Mais nombre de ses fidèles ont été retenus par François Hollande qui préfère les embarquer avec lui plutôt que de créer un courant de résistance à Solférino autour de la Première secrétaire du parti. Ainsi Marylise Lebranchu, une amie de la maire de Lille, François Lamy, son conseiller politique et  Benoît Hamon, l’un de ses plus ardents défenseurs, deviennent respectivement ministre de la Réforme de l'Etat, ministre délégué de la Ville et ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire. L’entourage de Ségolène Royal va également découvrir les joies du Conseil des ministres. Nadjat Vallaud-Belkacem devient ministre de l’Egalité des femmes, Delphine Batho, ministre déléguée à la Justice et Dominique Bertinotti est nommée ministre déléguée chargée de la Famille.

Les fidèles récompensés

Jusqu’au bout, ils ont cru  être sacrifiés sur l’autel de l’équilibre entre les forces du PS et de la gauche. Certes, l’ami Michel Sapin a servi de variable d’ajustement dans la gué-guerre Moscovici-Fabius. Il rêvait sans doute quelque chose de mieux que le ministère du Travail mais d’autres proches du président de la République intègrent le gouvernement. Ainsi son ancien chef de cabinet, Stéphane Le Foll, Bernard Cazeneuve, Kader Arif ou encore Jean-Yves Le Drian, nouveau ministre de la Défense, voient leur engagement indéfectible auprès de Hollande récompensé. Marisol Touraine prend quant à elle en charge les Affaires sociales. Pas vraiment une surprise mais une façon de mettre en valeur son énorme travail en coulisse pendant la campagne.

Une petite ouverture au reste de la gauche

D’autres partis que le PS sont représentés dans ce gouvernement. Christine Taubira, du Parti radical de gauche (PRG), devient Garde des sceaux et l’écologiste Cécile Duflot atterrit au ministère de l'Egalité des territoires et du Logement. De cette façon, Hollande récompense les partis qui l’ont soutenu en participant aux primaires (comme le PRG avec Jean-Michel Baylet) ou les formations qui ont rejoint son programme dès le soir du premier tour. En juin, après les législatives se posera la question de l’entrée des communistes au gouvernement. De son côté, Jean-Luc Mélenchon avait de toute façon toujours annoncé qu’il ne participerait pas à un gouvernement dont il ne serait pas Premier ministre.

Et la parité?

S’il n’a pas respecté, comme bien d’autres avant lui, sa promesse de mettre en palce une équipe resserrée (34 ministres), François Hollande a effectivement construit une équipe paritaire qui respecte l’équilibre entre hommes et femmes. 17 postes pour les femmes, 17 pour les hommes. Les ministères les plus importants (Défense, Economie, Affaires étrangères, Intérieur, etc) restent l’apanage des messieurs. En ce domaine, le changement, ce n’est pas maintenant.

Les surprises

Le nom de la réalisatrice Yamina Benguigui à la Francophonie n’était pas attendu. Idem pour Victorin Lurel, ministre des Outremers,  qui s’était illustré à l’Assemblée nationale en comparant la politique de Claude Guéant au nazisme, provoquant un incident de séance.

Les absents

Bertrand Delanoë et… Martine Aubry.

Matthieu Goar
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