François Hollande traverse la foule devant l'Hôtel de Ville, le 15 mai 2012.
François Hollande traverse la foule devant l'Hôtel de Ville, le 15 mai 2012. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Matthieu Goar

Une investiture marathon parfaitement réglée. Pour sa première journée de président de la République en fonction, François Hollande a multiplié les discours et les bains de foule avant de décoller vers l’Allemagne où son avion, touché par la foudre, a dû faire demi-tour. Un contretemps dans la machine bien huilée du protocole.

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François Hollande a affronté ce marathon avec le mot confiance de leitmotiv: «En ce jour où je suis investi, j’adresse aux Français un message de confiance. Nous sommes un grand pays qui a su traverser les épreuves (…) Nos diversités ne doivent pas devenir des discordes», a ainsi lancé le nouveau président de la République lors de son discours d’investiture sous les ors de la Salle des fêtes de l’Elysée. Autour de lui, les anciens premiers ministres socialistes, Edith Cresson, Pierre Mauroy, Lionel Jospin ou encore Laurent Fabius. Mais aussi une partie de son futur gouvernement: Martine Aubry, Manuel Valls et Pierre Moscovici.

«Rien ne sera facile»

Nicolas Sarkozy avait alors déjà quitté l’Elysée en compagnie de Carla Bruni sous les acclamations de militants UMP rassemblés devant le palais présidentiel. Avant cela, les 6e et 7e présidents de la Ve République avait discuté pendant une quarantaine de minutes, notamment de la situation économique et européenne. L’investiture à peine terminée, Hollande étrenne son nouveau costume de président en remontant les Champs-Elysées sous une pluie battante. Trempé mais stoïque, il se recueille devant la tombe du soldat inconnu avant de tester les cuisines de l’Elysée pour un déjeuner rapide avec les anciens Premiers ministres socialistes.

Car la journée ne fait que commencer. Au jardin des Tuileries, Manuel Valls et Aquilino Morelle règlent déjà les derniers détails de l’hommage à Jules Ferry, le père de l’école laïque, gratuite et obligatoire. Environ 500 collégiens animent les travées. «C’est Hollande qui a souhaité lui-même cet hommage. Et en plus le soleil est de retour», sourit Valls. Hollande arrive sous les bravos. «L’école, c’est l’esprit de la République. Je veux lui redonner confiance en elle-même», lance le chef de l’Etat. La confiance, toujours… Hollande serre les mains de Jean-Pierre Chevènement, Jack Lang, Vincent Peillon. Eux, lui donnent du monsieur le Président.

Après un nouveau bain de foule et un rapide hommage à Marie Curie sous la grêle, Hollande termine sa journée française par une réception dans une autre salle des fêtes: celle de l’Hôtel-de-ville de Paris. «Rien ne sera facile, rien ne sera donné mais rien n’est inaccessible», conclut le chef de l’Etat, peut-être déjà la tête à son rendez-vous crucial avec Angela Merkel, le soir-même.