Paris-Berlin, un axe à consolider

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Publié le 15 mai 2012.

POLITIQUE - Les relations privilégiées entre les deux pays sont anciennes et primordiales...

Le jour même de son investiture, François Hollande se rend en Allemagne, à la rencontre de la chancelière Angela Merkel. Ce baptême du feu diplomatique augure l'espoir d'une nouvelle relation privilégiée entre les deux pays. Il rappelle aussi le rendez-vous du 16 mai 2007, lorsque Nicolas Sarkozy s'était rendu à Berlin, au soir de sa prise de fonction.

Une relation spéciale

Un nouveau président, un voyage officiel en Allemagne? L'équation n'est pas si récente, le président Jacques Chirac ayant privilégié les Etats-Unis pour son premier voyage hors de l'Hexagone, en juin 1995.

Mais la relation «spéciale» entre l'Allemagne et la France est plus ancienne. Celle-ci débute en 1962, avec la réconciliation entre le général de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer. «Le lancement de l'axe franco-allemand, peu d'années après la capitulation allemande, est très important. Des générations politiques, jusqu'à celle de Nicolas Sarkozy, ont été marquées par l'héritage de la Seconde Guerre mondiale et l'urgente nécessité d'un monde pacifié», explique Jean Garrigues, professeur d'histoire à l'université d'Orléans.

A chaque couple sa sensibilité

Si le souvenir des blessures de l'histoire est présent dans cette relation, celle-ci est dirigée par des impératifs concrets. «Les liens économiques sont indissolubles.» Cette première rencontre entre les dirigeants esquisse un nouveau duo. «Il y a dans l'histoire un renouvellement et une continuité.

A chaque couple sa sensibilité, ses priorités. Ainsi, François Mitterrand et Helmut Kohl ont soldé l'héritage de la guerre par leur poignée de main à Douaumont (Meuse) le 22 septembre 1984», mentionne Jean Garrigues. Cette relation privilégiée devrait une nouvelle fois prospérer, même si Bruxelles vit une crise aiguë. Car, le rappelle Jean Garrigues, «la construction de l'Union européenne a été imparfaite, mais le couple franco-allemand en a toujours été le moteur».

Anne-Laëtitia Béraud

Au menu du dîner

François Hollande et Angela Merkel, qui ne se connaissent pas, se retrouvent pour un dîner à Berlin. Objectif : trouver des outils pour résoudre la crise de l'euro et s'engager sur le chemin de la croissance avant la tenue d'un Conseil européen informel, le 23 mai prochain. Mais quand la chancelière refuse de voir le traité de discipline budgétaire renégocié, le Président plaide, lui, pour l'introduction de mesures favorisant la croissance. Des positions contraires, mais pas forcément antinomiques : François Hollande n'est pas contre une discipline budgétaire, alors que les Allemands évaluent, eux, l'opportunité de croissance économique.

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