François Hollande et Nicolas Sarkozy lors des cérémonies du 8 mai 2012.
François Hollande et Nicolas Sarkozy lors des cérémonies du 8 mai 2012. - Jacky Naegelen/AP/SIPA

Mathieu Goar et Maud Pierron

Un président s’en va, un nouveau arrive. Mardi vers 10h, François Hollande fera son entrée en voiture dans la cour de l’Elysée. Il sera accueilli sur le perron par Nicolas Sarkozy, comme Jacques Chirac ou encore François Mitterrand avaient accueilli leur successeur. Le cérémonial républicain est bien huilé. Après une poignée de main devant les photographes, les deux hommes s’entretiendront en tête-à-tête dans le bureau du président pendant une trentaine de minutes. «Il s’agit d’un entretien privé. Aucun thème n’a été défini à l’avance. La discussion est libre», explique Nacer Meddah, secrétaire général de la campagne de François Hollande qui s’est occupé des questions de protocole.

Au-delà des questions stratégiques de l’arme nucléaire surtout discutée entre l’état-major et le nouveau président, Sarkozy et Hollande devraient principalement évoquer les questions économiques et notamment européennes. Quelle ambiance y aura-t-il entre les deux hommes? «Entre Giscard et Mitterrand, la tonalité avait été froide. Ceci s’explique par le fait qu’ils avaient été adversaires, ce qui est récurrent lors de la Ve République», détaille Jean Garrigues, professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans. Pas sûr pourtant que la discussion entre Hollande et Sarkozy soit si glaciale. Les deux hommes se tutoient et le président socialiste a beaucoup apprécié les gestes d’apaisement du sortant depuis le 6 mai. «Sarkozy a fait tomber la température», a-t-il expliqué, lundi. A la fin de l’entretien, il sera alors temps pour le président sortant de quitter l’Elysée. Comme Jacques Chirac et François Mitterrand, il partira en voiture et non à pied, comme Giscard d’Estaing l’avait imaginé en 1981, essuyant ainsi les quolibets de badauds moqueurs.

Des Premiers ministres et des Prix Nobel

La cérémonie d’investiture de Hollande pourra alors commencer. «Sobre et traditionnelle», répète l’entourage du président. Comme toute la semaine dernière, il s’agit de prendre le contre-pied du Sarkozy de 2007 en évitant toute connotation bling-bling. Contrairement à Cécilia Sarkozy, Valérie Trierweiler ne portera pas de robe de haute couture, promet l’entourage du président, et aucun enfant de François Hollande ne sera présent. «C’est une cérémonie protocolaire, ce n’est pas une cérémonie de victoire ou d’adieu», explique François Hollande, qui prononcera un discours court d’une dizaine de minutes devant des représentants des institutions. Seule touche personnelle: François Hollande a invité tous les anciens Premiers ministres socialistes et quelques Prix Nobel.

L'hommage aux figures de l'histoire

Après leur passation de pouvoir, François Mitterrand avait choisi de se rendre au Panthéon, Jacques Chirac sur la tombe du général de Gaulle et Nicolas Sarkozy était allé fleurir les statues de Clemenceau et de Gaulle. Pour ne pas déroger à cette tradition, François Hollande a lui aussi décidé de rendre hommage à des grandes figures de la République. Après s’être incliné sur la tombe du soldat inconnu à l’Arc de triomphe, le nouvel investi se rendra aux Tuileries, où se trouve la statue de Jules Ferry, fondateur de l’école républicaine, puis il se rendra à l’institut Curie. une façon pour le nouveau chef de l’Etat d’évoquer l’enseignement et la recherche, deux des thèmes phares de sa campagne électorale.

«J’aurais plutôt célébré Clemenceau que Jules Ferry», a polémiqué l’ancien ministre, Luc Ferry, qui a évoqué la vision colonialiste de Jules Ferry sur France Inter. Hollande finira son périple par une allocution aux Parisiens à l’Hôtel de Ville. En milieu d’après-midi, il s’envolera vers l’Allemagne. Entre-temps, le secrétaire général de l’Elysée, nommé le matin, annoncera enfin le nom du Premier ministre.