Jean-Marc Ayrault, maire socialiste de Nantes le 14 mai 2012.
Jean-Marc Ayrault, maire socialiste de Nantes le 14 mai 2012. - F. ELSNER / 20 MINUTES

Guillaume Frouin

De notre correspondant à Nantes,

En 1987, les chantiers navals de Nantes fermaient leurs portes. Vingt-cinq ans après ce traumatisme local, leurs anciens ateliers accueillent un bestiaire d’animaux mécaniques, inspirés de l’univers de l’écrivain nantais Jules Verne, et que visitent chaque année 250.000 personnes. La métamorphose du site, installé sur une île de la Loire, en dit long sur celle que Jean-Marc Ayrault à faire vivre à sa ville, depuis sa première élection en 1989.

Le député-maire socialiste de Nantes, élu à chaque fois dès le premier tour, a su réveiller celle qu’on surnommait «La Belle Endormie» à la fin des années 1970. Le développement des lignes de tramway a accompagné une transformation urbaine spectaculaire, tandis que les ouvriers de la navale ont été remplacés par les salariés de nombreuses sociétés de services. Beaucoup viennent de la région parisienne, sans doute encore attirés par «l’effet Côte ouest», l’un des premiers slogans de la municipalité de Jean-Marc Ayrault dans les années 1990. La politique culturelle de Nantes, servie par une habile communication, a aussi redonné une image positive de la ville.

«Il a acquis sa légitimité par son sérieux et son travail»

Le succès local de Jean-Marc Ayrault s’explique aussi par sa personnalité. «Terne» et «pas charismatique» selon ses détracteurs, cet ancien prof d’allemand de 62 ans – qui n’a pas fait l’ENA – est en réalité en phase avec l’électorat de l’ouest de la France, où l’on apprécie la modération et le sens du consensus. «Ce n’est pas un m’as-tu-vu ou une grande gueule, mais il a acquis sa légitimité par son sérieux et son travail», confirme Pascal Bolo, son adjoint socialiste en charge des finances et ancien directeur de cabinet.

Son succès est tel que Jean-Marc Ayrault est en train d’établir un incroyable record de longévité parmi les maires de Nantes. D’après les archives municipales, qui remontent à 1564, il égale cette année celle d’un certain Julien Proust (1693-1716). Si le nouveau Premier ministre était allé au bout de son mandat actuel, en 2014, seul un de ses prédécesseurs, Ferdinand Favre, serait resté plus longtemps que lui à l’Hôtel de ville, mais en deux mandats distincts (1832-1848 puis 1852-1866).