Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting à Hénin-Beaumont samedi.
Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting à Hénin-Beaumont samedi. - B. CHIBANE / SIPA

Maud Pierron

Il l'a annoncé officiellement samedi : il est candidat aux législatives dans la 11e circonscription du Nord, où Marine Le Pen est elle-même candidate. Une manière de continuer son mano a mano entamé à la présidentielle avec la présidente du FN. «Je forme le vœu que les citoyens veuillent majoritairement être représentés à l'Assemblée nationale par quelqu'un qui porte comme réponse à la crise le social et pas l'ethnique», a-t-il justifié.

Afficher sa «constance politique»

Mais le match sera compliqué. Si l'UMP locale est quasi inexistante dans ce fief socialiste, le FN y est très bien implanté et a recueilli 35,48% des suffrages au premier tour de la présidentielle, devant le PS (26,82%), l'UMP (15,76%) et le Front de gauche (11,98%).

Ce parachutage lui permet «d'exister médiatiquement dans la campagne des législatives» et d'afficher sa «constance politique» en continuant «d'aller au front» contre le FN, explique Rémi Lefebvre, politologue à l'université de Lille. «Il n'a rien à perdre, c'est tout bénef pour lui puisqu'en cas d'échec il est toujours député européen», ajoute-t-il.

Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée, c'est aussi une caisse de résonance immense pour celui qui veut mener la contestation du futur gouvernement socialiste et un moyen de garder un œil sur ses alliés communistes. Certains doutent toutefois qu'il veuille vraiment gagner. «Quel intérêt a-t-il à venir à l'Assemblée? Je rappelle qu'à un moment, il faut voter», raille un dirigeant d'EELV.

Le PS divisé

Alors que Ségolène Royal a estimé que Mélenchon a raison «d'aller porter le fer contre le FN sur ce territoire», Martine Aubry est plus réservée, défendant le candidat socialiste, Philippe Kemel: «On a besoin d'un élu de terrain, qui habite là.»