Le "duo présidentiel" qu'ont formé mardi lors des cérémonies du 8 Mai le président élu François Hollande et le vaincu Nicolas Sarkozy offre une "parenthèse républicaine" avant la reprise de combats "sans merci" pour les législatives de juin, estiment mercredi les éditorialistes.
Le "duo présidentiel" qu'ont formé mardi lors des cérémonies du 8 Mai le président élu François Hollande et le vaincu Nicolas Sarkozy offre une "parenthèse républicaine" avant la reprise de combats "sans merci" pour les législatives de juin, estiment mercredi les éditorialistes. - Lionel Bonaventure afp.com

avec AFP

Un «duo présidentiel». C'est ainsi que les éditorialistes nomment ce mercredi le président élu François Hollande et le vaincu Nicolas Sarkozy qui se sont offert mardi une «parenthèse républicaine» lors des cérémonies du 8 Mai, avant la reprise de combats «sans merci» pour les législatives de juin.

Dans le Figaro, Paul-Henri du Limbert parle de «la paix des braves sous l'Arc de triomphe», une image «forte» qui «frappe la conscience nationale». «Nicolas Sarkozy a réussi sa sortie, François Hollande son entrée», assure l'éditorialiste du quotidien conservateur.

«L'image sereine d'une transition normale»

«On n'ira pas jusqu'à rejoindre le choeur des mauvaises langues selon lesquelles Nicolas Sarkozy est enfin devenu président le jour où il ne l'était plus, mais force est de reconnaître qu'il réussit mieux sa sortie que son entrée en fonctions il y a cinq ans», ajoute Bruno Dive (Sud-Ouest). «Comme s'il avait fallu attendre l'échec pour trouver les gestes qui réconcilient, rassemblent et grandissent», avance Michel Urvoy dans Ouest France.

«Nicolas Sarkozy avait débuté la campagne en demandant l'indulgence des téléspectateurs pour ses erreurs de début de mandat», souligne Daniel Ruiz (La Montagne). «Mardi, il a mis la touche finale à son acte de contrition en nous proposant l'image sereine d'une transition normale», «se montrant... sous un jour plus apaisé que celui du discours de Grenoble, des clivages caricaturaux et du braconnage sur les terres fangeuses de l'extrême droite». Selon Ruiz, le vaincu s'épargne ainsi «le ratage d'une sortie giscardienne sous les sifflets» et «concède» à François Hollande «la victoire du discours rassembleur sur celui de l'identité nationale».

Le président sortant «avait besoin de la présence de son successeur à ses côtés» pour «atténuer» son «image de diviseur», selon Michel Lepinay (Paris-Normandie). «Evidemment, on ne peut défaire en un jour... cinq ans de passion virulente, de propos à l'emporte-pièce, de stigmatisations, de coups de gueule et de coups de force», poursuit-il. La «sérénité retrouvée» de Nicolas Sarkozy «a valeur d'autocritique» mais elle arrive «trop tard», déplore Patrick Fluckiger dans l'Alsace.

Une «parenthèse républicaine inédite dans une campagne de brutes»

Pour François Martin (le Midi Libre), la classe politique a joué mardi un remake de Guerre et Paix mais le 8 mai 2012 ne représente qu'une «parenthèse républicaine inédite dans une campagne de brutes», une fugace «armistice» avant la reprise de «combats» qui, pour les législatives, «s'annoncent furieux» et «sans merci.»

D'ailleurs, relève Pascal Jalabert (Le Progrès), la parenthèse est déjà «refermée», «France de gauche et France de droite lâchent de nouveau leurs coups». Et ce sans prendre garde à la «troisième France qui au premier tour de l'élection a planté des épines dans la gerbe républicaine».