Présidentielle: Nicolas Sarkozy prisonnier de ses propres frontières

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Publié le 7 mai 2012.

PORTRAIT - Le président de la République n'a cessé de monter des barrières entre lui et les autres...

L’antisarkozysme plus fort que l’ambition d’un homme. Nicolas Sarkozy le savait: le combat était difficile. Et c’est pour cela qu’il y croyait sincèrement. C’est dans l’adversité que cet animal politique aime se surpasser. Et adore déjouer les pronostics. Depuis des mois, il glissait à tous ses interlocuteurs qu’il y aurait une «surprise». Il avait fini par s’en convaincre lui-même: en période de crise, les Français n’oseraient pas donner les clefs de la voiture à un homme de gauche au moment où l’Espagne faisait office de modèle socialiste à ne pas suivre.

Retrouvez les résultats officiels, commune par commune, du second tour de la présidentielle 2012.

D’autant qu’il y a chez Nicolas Sarkozy un authentique mépris de François Hollande. De son parcours sans éclat, de sa normalité. Lui pense incarner le mouvement, l’anticonformisme. N’a-t-il pas osé mettre la barre à droite toute dans l’entre-deux-tours quand on lui disait d’être «rassembleur»? N’a-t-il pas eu l’outrecuidance de se poser comme le candidat «antisystème» alors qu’il venait de présider pendant cinq ans? Les «j’ai appris, j’ai compris» répétés en boucle à Villepinte le 11 mars ont remplacé les «j’ai changé» d’il y a cinq ans. Las, jamais la magie de 2007 n’a semblé se recréer.

Rien qui n’imprime dans l’opinion

Alors que le «travailler plus pour gagner plus» avait «imprimé» les esprits, aucune proposition n’a semblé s’imposer cette année. Au point que Nicolas Sarkozy a dû clarifier les choses à Toulouse une semaine avant le second tour: «en 2012, le sujet majeur, ce sont les frontières. Mon projet, c’est de remettre les frontières au centre de la politique». Mais la frontière s’est muée en barrière. Barrière entre Nicolas Sarkozy et le peuple auquel il entendait s’adresser.

Au cours de la campagne, le Président sortant, encadré par un dispositif de sécurité omniprésent, s’est offert peu de bain de foule. En lieu et place des «cafés», très encadrés, avec des citoyens triés sur le volet. Les incidents de Bayonne le 1er mars ont rappelé douloureusement au candidat UMP son impopularité persistante.

Barrière entre Nicolas Sarkozy et les «corps intermédiaires»

La tactique de ciblage systématique des médias et des syndicats n’a pas eu l’effet escompté. Elle a rendu agressive une parole que le chef de l’Etat avait tant bien que mal réussi à présidentialiser au cours de son mandat. Barrière enfin entre Nicolas Sarkozy et sa propre majorité. Car la radicalisation de son discours, singulière dans l’entre-deux-tours, va laisser des traces à droite.

Certains, comme Chantal Jouanno ou plus discrètement Jean-Pierre Raffarin, ont exprimé des réserves sur une stratégie de siphonage de l’extrême droite. Pour eux, à la défaite s’ajoute le déshonneur. Sur les ruines du sarkozysme fumant, la reconstruction de la droite française s’annonce longue et compliquée.

 

Alexandre Sulzer
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