François Hollande et Nicolas Sarkozy, lors du débat de l'entre-deux tours, le 2 mai 2012.
François Hollande et Nicolas Sarkozy, lors du débat de l'entre-deux tours, le 2 mai 2012. - PATRICK KOVARIK / POOL / AFP

Niveau temps de parole, «égalité parfaite» selon les mots de Laurence Ferrari. Mais à temps égal, les deux candidats ont-ils le même pouvoir télégénique? Pas vraiment, selon Olga Ciesco et Aude Roy, du blog 20 Minutes «Décryptages». Olga est synergologue, Aude, conseillère en images. Elles ont toutes les deux regarder le débat mercredi soir. Que révèlent les gestes, expressions et postures des deux candidats?

François Hollande, «un bon élève tout en retenue»

Gestuellement, le candidat PS, c’est un peu un diesel. Clairement sur ses gardes, du moins au début du débat, François Hollande s’est peu à peu détendu, gagnant en aisance verbalement, mais pas réellement physiquement.
«Veste fermée», note Aude Roy, coach en images, «pour tenir la position de présidentiable». Beaucoup de sobriété, donc, dans sa tenue, comme dans sa gestuelle. Ce qui ne l’empêche pas de prendre l’ascendant plusieurs fois.

Dans plusieurs joutes, il présente un «axe de tête très haut, signe de supériorité», un «buste en avant, des mains rejointes en pistolet ou très hautes». Progressivement, il prend de l'aisance, de l'assurance, explique Olga, synergologue, décryptant les gestes du candidat socialiste. Sarkozy, en réaction «s'est même levé plusieurs fois de son siège».

Pourtant, sur son visage, Olga ne note «aucune émotion». «Il est remonté  "intellectuellement" mais ne se fâche pas "corporellement".» développe-t-elle.

Dans son style «so british», pour nos deux blogueuses, Hollande fait parfois mine de «réciter un texte». Récitation et peu d’émotion visible, un combo «très très dommageable», selon Olga.

Nicolas Sarkozy, «une spontanéité qui peut déborder»

De son côté, Nicolas Sarkozy est «clairement dans l'action», souligne la synergologue. Un atout évident. En étant actif dans ses gestes, il laisse présumer qu’il le sera dans les faits également…  «Veste ouverte» remarqeu Aude, «dans un soucis de communication».

«De ses sourcils à ses épaules, tout bouge.» décrit Olga. Dans les mouvements d’épaules assez fréquents, elle voit un président-sortant «qui se met dans une situation de défi».

Nicolas Sarkozy, est aussi, un «hyper-spontané». Il s’exprime souvent avec sa main gauche, signe «d’émotion et de spontanéité». La main droite, favorite de François Hollande, marquant le contrôle et la réflexion.

Problème, la spontanéité peut facilement déborder. Ce qui se trahit quelquefois sur le visage du candidat Sarkozy.  La synergologue note par exemple à plusieurs reprises, un «tic» de bouche, «un mouvement ascendant de la lèvre supérieure droite, signe de colère vis-à-vis de Hollande». Synonyme d’une certaine agressivité aussi, «des micro-expressions, comme le nez qui se retrousse très vite».

Un combat «viril et masculin»

Hollande gagne un point pour la maitrise de soi, mais pas pour l’expressivité. Sarkozy, lui, a l’avantage de l’émotion, quitte à dériver vers l’agressivité. Deux styles se sont opposés mercredi soir.

«Ils sont à égalité», a tranché Olga, en plein milieu d’une joute sur leurs «casseroles» respectives.

Tout deux «assez souples dans le haut du corps. Qui dit souplesse dit moins de contrôle, et qui dit moins de contrôle dit plus d’émotion». Un climat de «tension», évidemment noté par la synergologue, qui a fait de ce débat, un combat «viril et masculin».

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