Présidentielle: A Bourges et Limoges, François Hollande assure le spectacle

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Publié le 28 avril 2012.

POLITIQUE - Le candidat socialiste a fait un crochet par le Printemps de Bourges, avant de tenir un meeting en fin de journée à Limoges…

De notre envoyée spéciale à Bourges et Limoges

Une bonne heure de retard. «Son côté mitterrandien», glisse Serge Lepeltier, maire  radical ex-UMP de Bourges (Cher), venu accueillir de manière «républicaine» François Hollande, en visite ce vendredi au Printemps de Bourges. A force de l’attendre, la pluie est arrivée et c’est sous les gouttes qu’il arrive enfin, peu après 13 heures. Le temps de répondre à deux questions d’actualité et le voilà en déambulation, sous un parapluie, dans les allées du festival de musique.

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Serrer des mains, toujours, lancer une remarque bonhomme, aussi. Il le fait en habitué puisque l’an dernier, il était déjà là. Comme en 2004 et 1995, et il reviendra l’an prochain, «quel que soit le sort» qui lui est promis. Une petite troupe de militants lance des «François président», des badauds espèrent qu’il viendra les saluer mais il vire sur la droite et traverse, entouré d’une cinquantaine de journalistes, une grande tente abritant un snack-bar.

Zebda: «Il va gagner!»

Il arpente rapidement les allées sous quelques applaudissements de rares, mais motivés, badauds. A son passage, la sono crache: «On lâche rien», l’hymne qui concluait tous les meetings de Jean-Luc Mélenchon. Et c’est l’union de la gauche en marche sur le plan musical... Au fondn sur la grande scène, un groupe joue le début de la musique de Rocky, «l’œil du tigre» - un message pour le débat d’entre-deux-tours? Hollande s'approche.Le chanteur lance alors: «On souhaite la bienvenue à notre futur président!»

Le socialiste écoute un morceau et s’engouffre dans la tente de la région Centre. Pour dire sa «fidélité» au festival mais aussi pour en saluer «le succès». Il file ensuite à la répétition du groupe Zebda, engagé déjà en faveur de Ségolène Royal en 2007. Les musiciens l'accueillent par un morceau  et pour une fois, le spectacle est au pied de la scène, filmé et photographié sous tous les angles. «Il va gagner!» tonne dans le micro, le chanteur du groupe, Magyd Cherfi. François Hollande monte alors sur scène, glisse quelques mots aux musiciens, reçoit son t-shirt siglé Zebda. Il ne tombera pas sa chemise pour l’enfiler, malgré les encouragements. Que pense-t-il de Second tour», le dernier album du groupe? «C'est aussi le titre de mon album», plaisante-t-il.

«Les champions sont faits pour être remplacés»

«Il n’y avait pas de spectacles, j’ai essayé de le faire», s’amuse-t-il, lors d’une brève conférence de presse à l’abri de la pluie. Plus sérieux, il rappele ses engagements en la matière: mise en œuvre de l’étape II de l’exception culturelle, loi d’orientation sur le spectacle vivant et partenariat entre l’Etat et les collectivités locales pour soutenir la création artistique. «La culture, ce n’est pas simplement une émotion, c’est aussi un développement économique», avait-il insisté peu avant.

Avec tous les bons sondages qui s’accumulent, le socialiste semble sur un nuage malgré le temps de Toussaint. Mais il reste vigilant. Les sondages «peuvent avoir un effet contraire à celui que je recherche. Rien n’est fait. Le plus important c’est d’appeler au vote», insiste-t-il. Il est pourtant visible que François Hollande ne se vit pas dans la peau d’un perdant le 6 mai au soir. Contrairement à Nicolas Sarkozy si l’on en croit ses propos dans L’Equipe, ce vendredi matin: «Les records sont faits pour être battus donc on ne peut pas être triste que quelqu’un d’autre prenne votre place pace que c’est la règle.  {Bob] Beamon avait gagné, Beamon a été remplacé mais je crois qu’il l’a accepté.»

Commentaire de François Hollande: «Les records sont faits pour être battus, les champions pour être remplacés», dit-il, pour une fois d’accord avec son rival. Et d’ajouter: «Il n’y a pas d’indignité à être battu. Nicolas Sarkozy a rappelé une règle, qui s’appelle le fair-play en sport et qui sur le plan politique s’appelle l’alternance». Et s’il ne veut pas «donner l’impression d’enjamber le scrutin», dans son esprit, l’alternance, c’est dans neuf jours.

«Nous portons l’intérêt majeur de la France»

La culture, la musique, ça reste le thème du début du meeting de Limoges, qu’il a tenu en fin de journée. Devant près de 15.000 personnes, Najat Vallaud-Belkacem qui pousse la chansonnette sur scène, sur l’air de Téléphone: «ça se sent, ça se sent, ça sent qu’on va gagner… Si on reste mobilisés». La touche people est assurée par Clémentine Célarié. Et Ridan, cette fois en chair et en os, assure la première partie musicale. «Dimanche, je voterai François Hollande», dit clairement l’artiste qui soutenait Mélenchon au premier tour. Le leader du Front de gauche n’est pas venu, mais Eva Joly et Cécile Duflot, oui, pour préfigurer la future majorité qu’ils espèrent.

Rappelant la tradition socialiste de la région Centre, Hollande le redit : «je suis socialiste» mais désormais «le candidat de toute la gauche». Car le «candidat sortant», celui «de la droite décomplexé» rappelle-t-il, fait dans «la transgression» et la «dérive» en allant «s’approvisionner dans le programme de l’extrême droite», lance-t-il alternant les passages empreints de gravité et les moments de rires. Il faut rassembler, «nous devons nous adresser à tous les Républicains. Nous ne sommes pas une addition d’une famille politique. Nous portons désormais l’intérêt majeur de la France», exhorte-t-il ses troupes. «Si la victoire vient le 6 mai 2012, je veux qu’elle reste aussi forte que la victoire de mai 1981. Qu’elle donne de la fierté, de l’émotion».

Maud Pierron, à Bourges
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