La météo influe-t-elle sur la manière de faire campagne?

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Publié le 26 avril 2012.

POLITIQUE - Meetings pourris par la pluie, visites perturbées, comment les candidats gèrent-ils les éléments?

La campagne présidentielle, cette année, n’a rien d’ensoleillé. Meeting en plein air pourri par les éléments, visites de marchés maussades, les candidats essuient la pluie, le froid et les vents afin de porter leurs arguments. Comment gèrent-ils ces situations météorologiques?

Cas numéro 1, le meeting sous la pluie. François Hollande tient la palme dans cette catégorie. C’est d’ailleurs devenu une source d’inspiration. Sous les trombes d’eau, mercredi à Hirson, dans l’Aisne, François Hollande adresse à ses partisans en début de meeting: «Mes chers amis, dans une campagne, il faut savoir se mouiller sans jamais être trempé.» Une accalmie lui donne l’occasion de lancer: «Pendant que je parle, la pluie s’arrête, et voilà que nous reprenons confiance».

Invoquer les éléments

Le 19 avril, à Cenon, dans la banlieue de Bordeaux, le candidat joue de nouveau avec les signes. «Ni la pluie ni le froid, rien ne nous arrêtera jusqu’au 6 mai. Nous avions craint les nuages, nous les avons écartés, nous sommes là avec un ciel tout rose pour le 6 mai», lance-t-il en début de meeting, avant de voir, avec un brin de soleil fendant un ciel menaçant: «Le soleil est à gauche».

«En plein air, les hommes politiques font souvent appel aux forces du ciel, pensant qu’ils peuvent les vaincre surtout quand ils sont menaçants», souligne Sébastien Durand, consultant en communication et storytelling (marketing narratif). «Et quand se produit une éclaircie, ils y voient un signe. Plus ou moins inconsciemment, l’homme politique veut apparaître tel un surhomme, pouvant vaincre les éléments», continue-t-il.

Casque ou pas casque?

Cas numéro 2, le froid ou l’extrême chaleur, ou l’art d’apparaître insensible aux variations de températures. «Vous verrez très souvent les candidats en meeting avec leurs costumes sobres et sombres. Ils font partie intégrante de la majesté du personnage», ajoute Sébastien Durand. Mercredi à Cernay, près de Mulhouse, et ce jeudi au Raincy, dans des salles surchauffées, Nicolas Sarkozy a réalisé ses discours en sueur, chemise trempée. A aucun moment, il n’a fait tomber la veste.

Dans quel but? «La raison est à chercher du côté des photos. Elles fixent l’histoire. La personne représentée ne doit pas avoir l’air d’être affectée par ces éléments, il doit garder sa cohérence. Prenez l’exemple de la cérémonie d’investiture du président américain Barack Obama, en janvier 2009 à Washington. Il porte un manteau très ouvert, semblant insensible au froid [-13 degrés ndlr]!», précise Sébastien Durand.

Nuance pour les visites d’usines et de chantiers: «Dans ces cas-là, les politiques se mettent généralement dans le bain, portant les gilets et les casques de protection», continue le communicant. Exception pour Nicolas Sarkozy qui se passe allègrement des cloches et casques obligatoires, en visite dans une fromagerie à Annecy ou dans une centrale nucléaire à Saint-Laurent-des-Eaux.

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Anne-Laëtitia Béraud
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