Riposte party au QG de François Hollande, le 16 avril 1012.
 Riposte party au QG de François Hollande, le 16 avril 1012. - Sabrina Bouarour

Sabrina Bouarour

Les uns et les autres chuchotent en grignotant les chips et les bières distribuées pendant l’émission, tout le monde tripote un clavier. Ambiance très studieuse pour la «Riposte Party» qui réunit au QG de François Hollande lundi soir une quarantaine de blogueurs, militants et sympathisants devant l’émission Mots Croisés.

Alors qu’Yves Calvi accueille en plateau candidats à la présidentielle et représentants (dont Jean-Marc Ayrault pour François Hollande), le but des riposteurs est simple: «Ce soir, sur Twitter, notre consigne est de mettre le hashtag Ayrault, afin d’être très visible sur ce réseau social. Pas question de se moquer des autres candidats, l’heure est au rassemblement», explique Ambre Cerny, de l’équipe numérique en jonglant entre son ordinateur portable et son Smartphone.

Argumentaires et hashtags

«Nous sommes un noyau de campagne de 300 personnes mobilisées par mails. Des argumentaires sont envoyés afin d’être utilisés sur les réseaux sociaux pour valoriser le programme de François Hollande», ajoute-t-elle.

Branle-bas de combat quand le représentant de François Hollande prend la parole. Le bruit des touches de claviers s’accélère. Les messages de 140 signes fusent alors sur Twitter.

«Poutou, Poutou»

Lorsque Jean-Marc Ayrault cède la parole, la tension semble retomber. Les nouvelles lunettes vertes et l’expression «Poutou Poutou», reviennent au cœur de certaines discussions amusées.

Au bout d’une demi-heure, Ambre Cerny annonce: «Ca y est on est en TT». «Ayrault», le nom du conseiller spécial du candidat socialiste, apparaît deuxième dans les top-tendances de Twitter. Un succès pour cette équipe de webcampagne qui a envahi le réseau social par l’investissement de ses internautes.

La bataille des réseaux sociaux

«Il faut être très réactif. Dès que je reçois un mail, je le relaye sur Twitter si le sujet m’intéresse. Je mets alors le hashtag Motscroisés et Ayrault», décrit Agathe Rivière, une consultante en communication de 25 ans. «Facebook est moins adapté pour les informations en continu. Il faut sélectionner, on y met par exemple les photographies du meeting de Vincennes», poursuit-elle.

Lors de la présidentielle de 2007, les réseaux sociaux étaient encore naissants. Cette année, l’équipe numérique de François Hollande a misé sur la toile. «C’est une bataille de présence médiatique qui se joue lors d’un débat comme celui de ce soir. Nous sommes là pour tenir sur Twitter. Les rédacteurs des grands journaux suivent le fil de tweets. Celui-ci peut influencer les articles du lendemain», analyse Romain Pigenel, le responsable du pôle influence de l’équipe numérique. Il sera bien temps mardi matin de se jeter sur la presse du jour pour voir si l’opération a été couronnée de succès.