Martine Aubry, dans la brasserie Terminus Nord, à Paris, le 15 avril 2012.
Martine Aubry, dans la brasserie Terminus Nord, à Paris, le 15 avril 2012. - V. WARTNER / 20 MINUTES

Propos recueillis par Matthieu Goar et Maud Pierron

Sa possible nomination à Matignon, les accords avec les partis de gauche ou les affaires de Sarkozy… A quelques jours du premier tour, Martine Aubry n’élude aucun sujet.

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Certains au PS donnent le sentiment d’avoir déjà gagné. C’est le bal des prétendants autour du candidat…

Quand on me parle de ça, je conseille: «Colle des affiches, parle aux Français, fais du porte-à-porte.» Rien n’est gagné avant que les Français aient voté. Et autour de François Hollande, nous nous comportons tous pareils, comme si nous n’étions pas favoris.

Il y a un manque d’enthousiasme autour de cette campagne et l’abstention pourrait être forte. Comment l’expliquer?

Certains sont sans doute déçus d’une campagne où la droite a refusé le débat démocratique au profit des contrevérités et des provocations. Le ton du camp Sarkozy n’est pas digne d’une démocratie. Parce que Sarkozy s’affole, il essaye d’affoler les Français. Les Français demandent, au contraire, des réponses. Les gens n’en peuvent plus de la crise du chômage et des problèmes de pouvoir d’achat. Mais l’abstention n’est jamais la solution. Dès son arrivée au pouvoir, François Hollande changera concrètement la vie des Français avec des mesures immédiates sur le pouvoir d’achat et l’emploi, l’augmentation de l’allocation rentrée scolaire, l’embauche de 100 000 emplois jeunes.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon aspire aussi à changer la vie des gens…

Jean-Luc Mélenchon pose comme François Hollande les vrais problèmes. Il faut une part d’indignation, d’enthousiasme et d’espérance dans un pays qui va si mal. Mais on ne retrouve pas dans son programme la cohérence d’ensemble du projet de François Hollande pour sortir de la crise et ramener la justice

Vous serez mardi soir en meeting à Lille. Il y a trois semaines, Mélenchon y avait mobilisé plus de 20.000 personnes…

C’était un beau meeting. Mais au-delà des Français acquis à Mélenchon, il y avait beaucoup de jeunes qui venaient là pour voir un tribun. Tant mieux quand la rue de gauche se mobilise, mais il y avait parmi ces 20 000 personnes des voix pour donner de la force à François Hollande dès le premier tour.

Y aura-t-il un accord électoral avec le Front de gauche?

Depuis deux ans, Jean-Luc Mélenchon dit lui-même qu’il ne souhaitait pas de négociations pour les législatives. Nous avons retenu une règle avec le PCF : ne pas présenter de candidat unique PS-EELV contre des communistes sortants.

Vu le score d’Eva Joly dans les sondages, ne payez-vous pas trop cher l’accord avec les écologistes?

Absolument pas. La présidentielle ne réussit pas aux Verts. Il y a une telle prégnance de la crise, du chômage et du pouvoir d’achat que les Français votent d’abord pour les candidats qui portent cela, comme François Hollande. Mais le courant écologique existe. Avant d’instaurer une dose de proportionnelle, il faut faire la place qui est la leur aux écologistes comme aux autres partenaires. J’ai mis ma signature au bas de cet accord, il sera respecté.

Le PS attaque peu le président sortant sur les affaires. Pourquoi?

Nous croyons en la justice. Nous lui rendrons son indépendance en changeant les règles de nomination et de promotion des magistrats, en n’intervenant jamais dans les affaires individuelles. Sur ces affaires, nous faisons confiance à la justice qui dira ce qu’elle aura à dire.

Comment imaginez-vous votre avenir?

Très heureux si Hollande l’emporte. Cela fait quatre ans que je travaille pour cela.

A Matignon?

Je ne parle pas de ce genre de choses. Je ne l’ai jamais fait dans ma vie, ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer. Le choix doit être fait au lendemain de l’élection par le Président, en ayant écouté le message des Français et en fonction de sa relation avec le Premier ministre qu’il choisira. Se projeter dans des postes est déplacé.