Le 12 avril 2012. Nicolas Sarkozy recoit 20 Minutes en itw dans son qg de campagne rue de la Convention a Paris
Le 12 avril 2012. Nicolas Sarkozy recoit 20 Minutes en itw dans son qg de campagne rue de la Convention a Paris - V. WARTNER / 20 MINUTES

A neuf jours du premier tour et avant un week-end décisif de mobilisation, le président-candidat s’est livré en exclusivité à 20 Minutes à son QG, rue de la Convention, à Paris.

 Aucun sondage ne vous donne gagnant au second tour. La mobilisation, dimanche, place de la Concorde, est-elle celle de la dernière chance?

Au premier tour, la très grande majorité des sondages me donne premier. Le rassemblement de la Concorde, c’est la possibilité pour la France silencieuse, mais qui fera l’élection, de se rassembler et dire: «Voilà notre choix.»

Craignez-vous le lancement annoncé d’un nouvel outil financier qui permettrait aux spéculateurs d’attaquer la France sur sa dette ?

Ce n’est pas parce qu’il y a un nouvel instrument que la France sera attaquée. Les pays sont attaqués quand ils conduisent une politique qui les met en situation de fragilité, quand ils accumulent des dettes et des déficits qu’ils ne sont pas en situation de rembourser. Si nous n’avions pas fait la réforme des retraites il y a deux ans, nous serions attaqués aujourd’hui. Par ailleurs, je me suis engagé sur une pente solide de réduction des déficits.

François Hollande a assuré qu’il baisserait la rémunération du président…

Qu’il montre l’exemple ! Pourquoi est-ce qu’il ne le fait pas comme président du conseil général de Corrèze, le département le plus endetté de France ? Il diminuera sa rémunération, mais si dans le même temps, il embauche 60 000 fonctionnaires, remet en cause la réforme des retraites et régularise tous les étrangers en situation irrégulière, ça nous coûtera plus cher.

Votre entourage indique que François Bayrou pourrait être votre Premier ministre…

Je considère que c’est une erreur de faire comme si les choses étaient faites et de se répartir les postes avant que les Français se soient exprimés. La décision de nommer le Premier ministre appartient au président de la République. Peut-être que chacun pourrait s’en souvenir. Je suis convaincu qu’il faut un grand rassemblement. M. Hollande parle à la gauche, moi, je pense qu’il faut parler au peuple de France. Comme vous le savez, j’ai fait l’ouverture, je reste très attaché à l’idée d’ouverture. Très. Je n’ai pas changé.

Ses propositions sont-elles compatibles avec votre programme?

Il y a une proximité dans sa proposition sur l’équilibre des finances publiques. François Bayrou considère que la réduction des déficits, c’est une priorité. Vous me dites : « Est-ce que je suis d’accord ? » Oui. La meilleure preuve, c’est que nous la mettons en œuvre. Pour le reste, chacun peut avoir sa sensibilité et ses différences, c’est autre chose.

Et sur la reconnaissance du vote blanc qu’il propose?

Je n’y vois pas d’inconvénient. C’est l’expression d’une position. On ne peut pas dire à quelqu’un qui fait l’effort de se déplacer pour voter que l’on ne reconnaît pas son vote. Il n’y a pas un bon vote et un mauvais vote. Il y a un vote et il doit être pris en compte.

Dans vos trente-deux principales propositions, aucune ne concerne l’environnement. Pourquoi?

La seule chose que je n’ai pas mise en œuvre au cours du mandat, c’est la taxe carbone dont nous avons indiqué que nous attendions qu’elle se mette aux frontières de l’Europe et non aux frontières de la France. Mais le Grenelle de l’environnement a été scrupuleusement mis en place.

Les sondages montrent que vous êtes plus apprécié des retraités que des jeunes. Est-ce un regret pour un candidat qui souhaite incarner l’avenir?

Les élections se gagnent avec l’ensemble des Français. Ce n’est pas parce que l’on a 18 ans que sa voix compte plus que lorsqu’on en a 65.

François Hollande est favorable à une réforme du statut pénal du chef de l’Etat. Et vous?

Je n’ai rien contre, mais je pense que l’équilibre est bien aujourd’hui. D’ailleurs, on l’a vu avec Jacques Chirac. Il n’y a pas de protection pour le président. Le procès a eu lieu, la justice s’est prononcée. Je pense qu’il y a bien d’autres priorités.

A ce propos, quelles sont vos priorités en cas de réélection?

Baisser le coût du travail pour stopper les délocalisations et la perte de notre tissu industriel. Ce sera appliqué à partir d’octobre. Sur le plan européen, ma priorité sera d’obtenir pour Schengen la certitude que les frontières de l’Europe sont défendues, et pour les négociations commerciales, la réciprocité. Sinon, au bout d’un an, on sortira de Schengen et on appliquera l’European Buy Act, la possibilité de réserver nos marchés publics aux entreprises qui produiront en Europe.

Et en cas de défaite?

Dans ce cas, cela ne vous concernera pas.

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