Nicolas Sarkozy a lancé un appel aux électeurs du FN, dont il comprend "la souffrance", et à ceux du centre, leur demandant ce qu'ils ont "en commun avec Jean-Luc Mélenchon" et "ceux qui prônent la haine", vendredi lors d'un meeting à Caen.
Nicolas Sarkozy a lancé un appel aux électeurs du FN, dont il comprend "la souffrance", et à ceux du centre, leur demandant ce qu'ils ont "en commun avec Jean-Luc Mélenchon" et "ceux qui prônent la haine", vendredi lors d'un meeting à Caen. - Michel Euler afp.com

Nicolas Sarkozy, qui se doit de reconquérir son électorat de 2007 pour pouvoir s'imposer, a lancé vendredi soir, lors d'un meeting à Caen, un appel aux électeurs du FN, dont il comprend «la souffrance», et à ceux du centre, leur demandant ce qu'ils ont «en commun avec Jean-Luc Mélenchon» et «ceux qui prônent la haine».

 

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«Aux électeurs du Front national, je dis que je comprends votre souffrance mais le vote FN ne résoudra aucun des problèmes» pour lesquels «vous voulez une solution», a affirmé le président-candidat, ajoutant que «chaque vote FN profitera à la gauche».

Devant quelque 5.000 personnes, réunies au Zénith, Nicolas Sarkozy s'est également adressé aux électeurs du centre: «Qu'avez-vous de commun avec Jean-Luc Mélenchon, avec ceux qui prônent la haine, le déficit, qui nient toutes les réalités de la vie?». «Il y a des choses qui nous séparent, parlons-en», a ajouté le président-candidat, avant de les inviter à faire «abstraction de ce que furent vos votes dans les années passées». «Ce n'est pas un vote d'habitude que je vous demande mais un vote de conviction (...) libérez-vous de toute attache partisane, ne pensez qu'à une seule chose, l'intérêt de notre pays, l'intérêt général de la France», a conclu le chef de l'Etat.

Sous les yeux des ministres Bruno Le Maire et Roselyne Bachelot, de Jean-François Copé et Nathalie Kosciusko-Morizet, mais aussi de Bernadette Chirac, Nicolas Sarkozy a ensuite fait rire le public en se moquant abondamment de son rival socialiste.

Sarkozy tacle Hollande sur son accord avec EELV

 «Il y a ceux qui singent François Mitterrand mais n'est pas François Mitterrand qui veut!», a-t-il lancé. Il a de nouveau reproché au candidat PS d'avoir passé un accord avec les écologistes prévoyant la fermeture de 24 réacteurs d'ici 2015, et rappelé que l'ancien président socialiste avait mis en place, pendant ses deux septennats, «40 réacteurs». François Hollande a prévu de fermer la vieille centrale de Fessenheim durant son éventuel quinquennat.

«Quand on n'a pas le courage de dire non, on est l'otage de tous ceux qui vous demandent des choses et, comme on ne dit pas non au début, ils vous en demandent de plus en plus (...) A Mme Joly, M. Hollande a cédé 24 réacteurs nucléaires pour 2% des voix. On se demande quel sera le prix pour les voix de M. Mélenchon qui pèse six fois plus», a-t-il ironisé.

«La vérité, c'est que j'attends pour la semaine prochaine l'interdiction des licenciements. Il y a encore deux semaines (avant le premier tour), ils ont donc deux idées: la dernière, ça sera l'interdiction des délocalisations!».

«Vous voulez la gauche? Vous aurez la Grèce et vous aurez l'Espagne»

A propos des risques du nucléaire évoqués par les Verts après Fukushima, Nicolas Sarkozy a expliqué que la catastrophe de mars 2011 avait été provoquée par un tsunami, avec «une vague de 42 mètres». «Je me suis précipité sur une carte pour voir où était Fessenheim... en Alsace!», s'est-il exclamé. A propos de la candidate EELV Eva Joly, il a lancé: «Je me demande ce que deviendrait la planète entre des mains si malhabiles».

Les quolibets contre François Hollande ont continué de fuser, toujours sous les applaudissements de l'auditoire. «François Hollande a donné son programme pour une année mais je croyais qu'on était candidat pour cinq ans!», s'est-il exclamé, alors que le candidat PS a exposé mercredi les mesures qu'il prendrait au début de son quinquennat. «En un an, on dépense tout, sans limite, sans conséquences et on commence par (réformer) les retraites», a-t-il dénoncé.

Fustigeant le coût du programme du candidat socialiste, Nicolas Sarkozy a ensuité asséné: «Je le dis à ceux qui veulent la gauche. Vous voulez la gauche? Vous aurez la Grèce et vous aurez l'Espagne». François Hollande «est contre le racisme? On va supprimer le mot race» de la constitution, a-t-il également ironisé, une nouvelle fois, en référence à l'une des propositions du candidat PS.

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