- GERARD JULIEN / AFP

C. La.

Un sondage par jour, au moins. A trois semaines du premier tour, la fréquence des sondages s’intensifie. Chaque média, chaque institut a le sien. Pendant plusieurs semaines les études ont donné François Hollande en tête jusqu'à récemment, où il s'est fait doubler par Nicolas Sarkozy. Avec quelle influence sur les électeurs?
 
>> Avez-vous l’impression d’être influencé par les sondages? Votre implication dans la campagne présidentielle varie-t-elle selon les résultats des sondages? Selon vous, votre positionnement politique peut-il être affecté? Répondez-nous dans les commentaires ou écrivez-nous à reporter-mobile@20minutes.fr.
 
«Désintéresser l’électeur»
 
La campagne présidentielle ne semble déjà pas particulièrement passionner les Français. La multiplication des sondages pourrait bien ne pas arranger les choses.
 
Voir toujours les deux mêmes (Hollande et Sarkozy) en tête des sondages, «c’est vrai que c'est lassant, remarque l’internaute de 20 Minutes FrenchTroll. Cela risque de désintéresser l'électeur. De temps à autre, ils devraient mettre Marine Le Pen, ou même Jean-Luc Mélenchon, en tête des votes, cela poserait un peu de suspens, et relancerait la motivation des citoyens.»
 
Un risque de suivisme ou de rejet
 
La motivation des citoyens, si elle n’est pas toujours altérée, peut aussi être lourdement biaisée. Cet effet porte même un nom, ou plutôt deux: «bandwagon» et «underdog».
 
Yves-Marie Cann, directeur d’études au CSA traduit ses termes: «Selon les tenants de la première théorie, les personnes interrogées accorderaient leur préférence au favori du moment, renforçant ainsi sa position dominante dans les mesures réalisées par les instituts. A l’inverse, l’effet «underdog» favoriserait les candidats les moins bien placés, les interviewés se portant en quelque sorte à leur secours.»
 
Le sondage est un «leurre de démocratie»
 
Véritable photographie des intentions de vote à un instant précis, le sondage est sensé traduire une tendance. Mais pour quoi faire? Pourquoi finalement a-t-on besoin de savoir combien de personnes voteront pour tel candidat, si ce n’est pour ajuster son vote en fonction des résultats?
 
«Normalement le citoyen est quelqu’un qui ne va pas être déterminé, remarque un intervenant des cafés citoyens. Il va se décider par lui-même et ne pas se plier à une opinion publique pour pouvoir décider (…) Le sondage est élevé à un certain rang de vérité (…) Pour moi c’est un leurre de démocratie, on est dans le règne de l’opinion générale»

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